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lundi 18 juillet 2011

Petit guide pour s'y retrouver parmi les professionnels du remue-méninges!

L'Express.frPsychologue, psychiatre... qui fait quoi?

Petit guide pour s'y retrouver parmi les professionnels du remue-méninges!
Le psychiatre C'est un médecin spécialisé en psychiatrie (bac +10). Il exerce donc une profession médicale reconnue et encadrée par l'Etat. En tant que médecin, il est le seul professionnel à pouvoir prescrire des médicaments pour traiter les maladies mentales et les troubles psychiques. Ses consultations sont remboursées par la Sécurité sociale. Nombre en France: 13 000.
Le psychologue C'est un universitaire diplômé au minimum d'un master en psychologie (bac +5). Il prend en charge des personnes présentant des difficultés personnelles ou psychiques. Seules les consultations dans les centres médico-psycho-logiques reconnus par la Sécurité sociale sont remboursées. Nombre en France: 40 000.
Le psychothérapeute Après six ans de flou, le décret d'application de mai 2010, qui réglemente la profession de psychothérapeute, a mis fin au charlatanisme de certains. Jusque-là, n'importe qui pouvait se dire psychothérapeute. Dorénavant, l'obtention de ce titre suppose d'avoir suivi une formation en psychopathologie agréée par l'Etat ou de pouvoir justifier d'au moins cinq ans de pratique avant mai 2010. Le décret ne précise néanmoins toujours pas la liste des écoles reconnues officiellement. Il a par ailleurs suscité la colère des psychologues, qui s'estiment lésés. Ces derniers devront suivre un complément de formation de 150 heures, dont sont dispensés les psychiatres. Nombre en France : 10 000.
Le psychanalyste Il n'existe aucun diplôme reconnu par l'Etat. Pour devenir psychanalyste certifié, il faut avoir suivi soi-même une cure analytique d'une durée de six ans en moyenne, et appartenir à une association officielle. Le psychanalyste est supervisé par un pair tout au long de sa formation et de sa carrière professionnelle. Les honoraires, non remboursés, sont à la discrétion du psychanalyste. Nombre en France: 6000.

vendredi 24 juin 2011

la France comme l algerie des tricheurs au bac

Accueil
www.rue89.com
je suis un tricheur et alore!
J'ai eu mon bac mention triche, coût : 20 000 francs

Dix ans après, un tricheur au bac a raconté à Rue89 comment il s'est procuré les sujets du bac. Quand il ouvre la porte de son appartement à Neuilly-sur-Seine, il arbore un large sourire. La trentaine athlétique, baskets derniers cris aux pieds et polo orange vif sur le dos, Victor (tous les prénoms de l'article ont été modifiés) est aujourd'hui à la tête d'une boite de nuit parisienne. Et il en a l'allure.
En 2000, il était élève en terminale S à Neuilly. Quelques mois avant le bac, Mathieu, un ami, l'accoste à « la récré du matin » :
« J'étais avec Benoit, le troisième de notre bande. Il nous a demandé de nous mettre à l'écart. Il nous a dit : “J'ai un plan, je peux avoir les sujets du bac, pour 10 000 francs le sujet.” Au début, je ne l'ai pas cru, et puis je me suis dit que financièrement, c'était impossible. »
Les doutes s'estompent rapidement. Mathieu lui assure que les sujets fuitent tous les ans, et que ce sont les bons :
« On a proposé aux élèves les plus riches du bahut, ceux dont on savait que leurs parents seraient prêts à payer. Les miens m'auraient tué !
On leur a fait croire que c'était 20 000 francs le sujet, ils ont dit oui. Leurs parents ont payé. On leur a dit qu'on avait payé une part alors qu'ils finançaient tout. »

Les sujets transitent par un commerçant en vue de l'Ouest parisien

Le mercredi soir, la veille de l'épreuve d'histoire, Mathieu a rendez-vous au métro La Muette dans le XVIe à 21 heures. Leur source, un commerçant en vue de l'ouest parisien. Il récupère les sujets de mathématiques, biologie, physique et histoire.
Victor explique la filière :
« Il y a une fuite à l'académie de Paris Versailles. Tous les ans, une personne revendait les sujets à ce commerçant, qui les revend à des lycéens de Neuilly. Le hic, c'est qu'on a eu les sujets la veille des épreuves [l'académie est le dernier maillon dans la transmission des sujets, ndlr]. Pour les maths, c'est bien mais pour l'histoire c'est plus compliqué ! »
La suite de la soirée a tout d'un scénario de film. Mathieu saute dans un taxi rejoindre Victor chez ses parents. Victor fait les photocopies, les autres de la bande passent en bas de l'immeuble, certains accompagnés de leurs parents, échangent liasses de billets contre sujets.
« Mes parents m'ont demandé : mais qu'est ce que tu trafiques la veille du bac à monter et descendre comme ça, à faire des photocopies ? J'ai répondu qu'on s'échangeait des fiches de révision et des annales. »
Le lendemain, assis à sa table en attendant qu'on lui distribue le sujet, Victor fait moins le malin :
« Je n'arrêtais pas de me dire : et si on s'était fait arnaquer ? Mais quand j'ai vu la copie identique, j'avais une de ces bananes ! On s'échangeait des regards complices, ça nous faisait marrer. »

Victor obtient son bac… au rattrapage

A chaque épreuve, la même bonne surprise : le sujet acheté tombe. Ce qui n'empêchera pas Victor de décrocher son bac au rattrapage. Un seul des trois a mention bien. Sa compagne, venue nous rejoindre sur la terrasse soigneusement fleurie de leur appartement, se marre :
« Je veux l'écouter raconter ses exploits ! Ils en parlent encore tous les trois, ils en rient. J'ai eu droit à l'histoire un nombre incalculable de fois. »
Aujourd'hui, Mathieu travaille dans un palace en Chine. Benoit, « l'intello du groupe » qui a eu la mention, vit entre Paris et Londres, haut placé dans une banque d'affaire. Les six pigeons sont devenus soit avocats d'affaire, soit financiers.
« Je n'ai jamais eu de remords. Les risques, je n'y ai jamais pensé. D'ailleurs, je ne sais pas ce qui pourrait se passer si cette affaire éclate. J'ai fait mes preuves par la suite, je suis à la tête de mon entreprise, j'ai toujours travaillé. Mais quand j'y pense, ça me fait toujours marrer. »