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dimanche 10 juillet 2011

Algerie: entre l’économie et l’éducation





Algérie 2011 : un système socio-éducatif non performant, des taux de croissance et de chômage officiels fictifs
Selon les données officielles, pour les réalisations entre 2009/2011, l’économie algérienne aurait un taux de croissance hors hydrocarbures un des plus élevé et un taux de chômage le moins élevé, et un taux de réussite au baccalauréat un des plus élevé dans le monde. Face à ce miracle algérien, nos responsables économiques ne doivent-ils pas espérer le prix Nobel d‘économie ? Les intellectuels algériens, grâce à un d ébat contradictoire, fondé sur la tolérance, ont une lourde responsabilité devant l’histoire pour avancer des propositions constructives et démystifier certains propos démagogiques. C’est l’objet de cette contribution.
1- Le taux de croissance moyen 3% entre 2004/2011 est presque identique au taux de croissance de la population active (400.000 demandes d’emplois additionnelles par an) avec des emplois qui disparaissent et d’autres qui naissent du fait des mutations mondiales. Cela renvoie au nouveau système socio-éducatif qui se met en place au XXIème siècle supposant un niveau élevé de connaissances.
Dans ce cadre, tout en se demandant que deviendront les 2 millions d’étudiants sortis horizon 2000 sans relance économique, le taux de réussite à l’examen du baccalauréat en 2011 a atteint 62,45 %, 220 518 candidats qui entreront à l’Université où selon le ministère de l’Éducation nationale ces résultats exceptionnels sont le fruit d’une nouvelle culture impulsée dans le sillage des réformes. Or, contradiction la publication du rapport international le même jour c’est à dire le 06 juillet 2011 de l’INSEAD, l’école de commerce internationale (France) qui note une dévalorisation de la connaissance en Algérie, la preuve, le poste assistance technique (appel aux compétences étrangères et exode de cerveaux algériens) est passé de 4 milliards de dollars en 2004 à plus de 11 milliards de dollars entre 2010/2011.
Le classement mondial a été établi en référence à 125 pays et le plus mauvais score enregistré appartient à l’Algérie qui n’a obtenu que 19,79 points, et qui dégringole à la 125 place, dernière du classement, soit un recul de 4 places par rapport à 2010 et de 17 places par rapport au classement de 2009.
En d’autres termes, l’Algérie représente le pays le moins performant au monde en matière d’innovation. Elle est classée dernière le Soudan (124ème), le Yeman (123ème) et le Niger (123). Sur le plan régional, l’Algérie se trouve dépassée et de loin par la Tunisie (66ème), l’Egypte (87ème), ou le Maroc (94ème). Ce rapport corrobore, la récente enquête inquiétante de l’importante revue américaine Foreign Policy de 2010, classant l’Algérie parmi les plus vulnérables au monde avec une note de 8,6 sur 10 pour la disparition et la dispersion de l’élite, s’agissant d’une des notes les plus mauvaises du monde et de conclure : «l’Algérie risque de se retrouver sans son intelligentsia pour construire son avenir ». Cela explique également que l’Algérie dans le classement des grandes universités du monde établi, depuis 2003, par l’université chinoise de Jiao-Tong de Shanghai pour 2009/2010 ne figure pas dans le Top des 500 et encore moins dans le Top des 3000 premières.
Pour avoir passé plusieurs décennies entre les secteurs économiques et l’Université, je peux affirmer, quitte à choquer certains collègues que les innombrables laboratoires de recherche, malgré les nombreuses compétences, mais du fait la gestion bureaucratique, sont plus considérés comme des compléments de salaires, participant très peu pour ne pas dire pas à l’innovation, assistant d’ailleurs tant à une déconnection Université/ Université (peu de travail en réseaux) qu’université/environnement.
Or la réhabilitation de la connaissance et du savoir, pilier du développement durable, comme l’a montré souvent mon ami le sociologue Nadji SAFIR suppose de profonds réaménagements du pouvoir algérien dont le fondement hélas repose sur les couches rentières. Et dans ce contexte qu’il faille éviter d’avoir une vision tant une vision économiciste étroite du développement ou raciste , le monde ayant connu des cycles de civilisations de différentes religions, l’islam ou tout autre religion n’étant pas l’antinomie du développement et les expériences récentes réussies mariant leur authenticité et la modernité de pays émergents comme l’Indonésie, la Turquie, le Brésil l’Inde ou la Chine l’attestent.
En cette ère de mondialisation avec des inégalités criardes dues à la fois à la mauvaise gouvernance dont la corruption de bon nombre de dirigeants du Sud et également au fondement inadapté des relations internationales, le dialogue des cultures doit favoriser la symbiose des apports de l’Orient et de l’Occident au profit de l’humanité.
2- Lié au taux de chômage, paradoxalement l’ONS annonce en moyenne 2009/2010 un recul de 30% de la création d’entreprises productives et en termes de structure, plus de 50% activent dans le secteur du commerce n’étant pas en majorité des services marchands créateur de valeurs ajoutées , le reste des entreprises étant les secteurs de l’immobilier avec 14%, la construction et travaux publics 12% et enfin les industries manufacturières 11%, taux dérisoire montrant la désindustrialisation du pays.
Paradoxalement, pour l’officiel, l’Algérie aurait un taux de croissance hors hydrocarbures un des plus élevés du monde, loin devant tous les pays de la région Mena, de la Chine, de l’Inde, du Brésil, pour ne pas parler de l’Europe, des Etats-Unis d’Amérique ou du Japon, les segments hors hydrocarbures constituant la majorité de leurs segments. La technique de la triangularisation du tableau d’échange interindustriel- permet de démontrer que les hydrocarbures irriguent presque l’ensemble de l’économie et le segment hors hydrocarbures l’est à plus de 80% et montre clairement qu’il reste aux seules véritables entreprises créatrices de richesses une participation réelle inférieure à 15/20% du total du produit intérieur brut (PIB). Et ce compte tenu de l’accroissement de la valeur ajoutée agricole en 2009/2010 toujours selon des facteurs exogènes, bonne pluviométrie et non d’une bonne gestion, comme le montre l’échec relatif du PNDA (programme agricole) qui a englouti des dizaines de milliards de dollars et dont la facture alimentaire pour 2011 avoisinera certainement 7 milliards de dollars.
Aussi, face à cette situation, résultat de la panne de la réforme globale et du retour à la gestion administrative des années 1970, il est techniquement impossible de créer 3 millions d’emplois entre 2010/2013 et la fuite en avant serait de créer des emplois non productifs dans l’administration non créateurs de valeur. Dès lors, si l’on redresse par le fléchissement de 30% de création d ‘entreprises productives, supposant la même tendance en 2011, en pondérant par un taux de participation de la population féminine que de 50% contre 84% pour les hommes, en enlevant les emplois temporaires improductifs créés artificiellement par la rente, nous aurons alors un taux de chômage qui dépasse largement les 2O% de la population active. En soustrayant la sphère informelle qui selon le Ministre du travail contribue à 25% à la création d ‘emplois, et en nous tenant à la sphère réelle, le taux de chômage dépasserait les 35% moyenne 2010/2011.
3- Aussi, ce n’est pas une question uniquement d’argent comme en témoigne les assainissements répétées des entreprises publiques, plus de 60 milliards de dollars entre 1991/2011, pour un effectif du secteur industriel public ne dépassant pas 180.000 et moins de 600.000 pour les emplois permanents du secteur public économique, plus de 80% étant revenues à la case de départ. Or, l’objectif stratégique est de créer un nouveau tissu économique fondé sur la nouvelle économie s’insérant dans le cadre des valeurs internationales, le tout étant conditionné par une plus grande efficacité des institutions , la moralité des responsables , la valorisation du savoir, un dialogue social et économique permanent avec les forces représentatives et non créées bureaucratiquement et donc un nouveau management stratégique, certains parleront de bonne gouvernance inséparable d’un Etat de droit.
La distribution de la rente pour calmer le front social ne peut être durable et au contraire suicidaire pour le pays comme le montre le déficit budgétaire de 2011 qui avoisinera 62 milliards de dollars. C’est que l’allocation financière n’est pas optimale misant uniquement sur les infrastructures (70% des dépenses) qui ne sont qu’un moyen du développement. Aussitôt terminé les infrastructures que deviendront les centaines de milliers de travailleurs sans avoir préparé leur reconversion ?
La dépense publique (500 milliards de dollars entre 2004/2013, le programme américain) sans se préoccuper d’une bonne gestion, pour l’Algérie montre que la performance est dérisoire. Comparé aux dépenses sur la population, le rapport de l’OCDE pour la région MENA montre que des pays similaires en voie de développant dépensant le 1/3 de l’Algérie ont des taux de croissance plus importants, l’économie algérienne fondamentalement rentière, enregistrant, selon la majorité des rapports internationaux, un taux de croissance inférieur à la moyenne méditerranéenne pour la période 2004/2011.
Il s’agit donc d’éviter la manipulation des données pour affirmer que tout va bien, ce qui ne peut que conduire à des erreurs de politique économique, devant synchroniser les différentes enquêtes afin d ‘éviter d’induire en erreur l’opinion algérienne qui a une faible culture économique mais non les institutions internationales, les journalistes et les économistes algériens avertis.
Les différents Ministères doivent avoir la même base de sondage afin de pouvoir effectuer des comparaisons crédibles, le raisonnement à prix constants étant fondamental pour toute politique fiable. Pour le calcul de l’inflation, cela implique de revoir le panier de biens qui doit être historiquement daté, le lier au modèle de régulation, c’est-à-dire au mode d’accumulation, de consommation et à la répartition du revenu par couches sociales afin d’analyser la concentration du revenu national à l’aide de l’indice Gini qui prend en Algérie des tendances dangereuses au profit d’une minorité de rentiers. C’est que 70% de couches sociales, consacrent leurs revenus aux produits de première nécessité, produits qui accusent un taux d’inflation supérieur à 10% entre 2009/2011. Aussi, une interrogation s’impose : comment est-ce qu’un Algérien, qui vit au SNMG, soit 4 euros par jour alors que le prix du kilo de viande dépasse 9/10 euros fait face aux dépenses incontournables : alimentation, transport, santé, éducation ?
4- En conclusion au vu que 98% des exportations proviennent des hydrocarbures et important 75% des besoins des ménages et des entreprises, nous sommes en face de contradictions flagrantes : la faiblesse du nombre d’entreprises productives, la prédominance du commerce de détail où le nombre de commerçants a doublé en 10 ans selon les données officielles passant de 697.275 en 2001 à 1.407.449 en 2010, un taux de chômage réel élevé que l’on comprime, autant que l’inflation par des subventions et des emplois fictifs.
L’Algérie de 2011 est caractérisée premièrement par une aisance financière grâce aux hydrocarbures 157 milliards de dollars de réserves de change fin 2010 mais des incertitudes vis-à-vis de l’avenir avec une population en 2011 de 36 million d’habitants mais qui dans 30 ans sans hydrocarbures atteindra 50 millions.
Deuxième caractéristique, un Etat riche mais une population de plus en plus pauvre. La sphère informelle, la crise du logement (même marmite, mêmes charges) et les transferts sociaux pour une paix sociale fictive grâce aux hydrocarbures plus de 10% du PIB (entre 2009/2011) jouent temporairement comme tampon social. Troisièmement, devant cette prise de conscience d’inégalités, brisant le mur de la peur, favorisées par le nouveau système de communication et le printemps démocratique arabe, qui a montré l’importance de la corruption des dirigeants et leurs proches avec des fortunes colossales à l’étranger, une tendance à un suicide collectif : tous les Algériens exigent immédiatement leur part de la rente des hydrocarbures assistant à des augmentations des salaires sans contreparties productives.
Dans ce cadre, l’Algérie traversant un phase cruciale de son histoire, je lance un appel au pouvoir politique afin d’ouvrir, comme cela a été promis par le président de la République la télévision aux débats contradictoires au lieu de favoriser les intellectuels organiques( aux ordres,) selon l’expression heureuse du grand philosophe italien Antonio Gramsci et des monologues lassants sans impacts.
Parallèlement, je lance un appel à tous les intellectuels algériens afin qu’ils sortent du coma, ayant une responsabilité devant l’histoire afin de participer, à l’instar de tous les pays qui avancent, à un débat utile, sans verser ni dans la sinistrose, ni dans l’autosatisfaction source de névrose collective. Je considère que le rôle tant d’un cadre responsable, que de l’intellectuel ou du journaliste n’est pas de produire des louanges par la soumission contreproductive pour le pouvoir lui-même en contrepartie d’une distribution de la rente, mais d’émettre des idées constructives, selon sa propre vision du monde, par un discours de vérité pour faire avancer la société.

Pr Abderrahmane MEBTOUL- économiste


vendredi 8 juillet 2011

Algérie: les menaces de ministre de l’intérieur



Le ministère de l’intérieur veut mettre fin aux abus des chefs de daïra au sujet de l’obligation pour les femmes de retirer le hidjab sur les photos 
« Nous punirons ceux qui vandalisent et brulent les APC et les biens publics »













         Le ministre de l’intérieur a menacé de faire peser les plus lourdes sanctions contre les protestataires des logements sociaux qui commettent des actes violents et vandalisent, et assuré qu’il allait mettre fin aux abus de certains chefs de daïra qui obligent des femmes à retirer le foulard pour les photos d’identité.
Le ministre de l’intérieur et des collectivités locales a indiqué dans une conférence de presse hier que « les autorités n’accepterons par que les protestataires au sujet de la distribution des logements sociaux sèment le trouble, « nous serons intraitables avec ceux qui commettent des actes violents et brulent les APC et les biens publics »a-t-il dit. Le ministre a assuré en marge d’une séance de questions orales à l’APN que « le gouvernement ne peut faire face à ces protestations, en raison du grand nombre des demandeurs de logement qui dépasse le million de demande par rapport au nombre de logement distribués estimé à 75 mille logements au niveau national ». Le ministre s’est d’un autre coté engagé devant les députés à envoyer une notre urgente aux walis et walis déléguées et aux collectivités locales « pour mettre fin aux abus des daira qui oblige les femmes à enlever le foulard pour les phots d’identité (passeport et carte d’identité), déclarant « nous n’avons absolument pas ordonné d’interdire le foulard sur les photos des femmes pour les pièces d’identité, ou de porter atteinte aux libertés individuelles de chaque citoyen », « nous avons distribué un modèle de photos , dans lesquelles les yeux, les sourcils et la bouche doivent être clairement visible conformément aux nouvelles réglementations de l’organisation mondiale de l’aviation civile, nous n’avons pas ordonné le retrait du foulard, et les responsables doivent s’y conformer »a-t-il ajouté.

Algerie:point de vue de Le romancier Tahar Ben Jelloun et l’historien Benjamin Sotra


TAHER BEN JELLOUN ET BENJAMIN SOTRA

Selon Tahar Ben Jelloun, le seul espoir pour l’Algérie “est qu’un jour, un militaire honnête prenne le parti du peuple


Le romancier Tahar Ben Jelloun et l’historien Benjamin Sotra publient des essais sur le printemps 
arabe. Nous avons confronté leurs analyses.
interview Valérie Trierweiler – Paris Match
Paris Match. Lorsque nous évoquons le printemps arabe, faut-il parler de révoltes ou de révolutions ?
Benjamin Stora. J’ai parlé de ­révolution car il y a rupture avec la situation antérieure, avec la peur notamment. C’est cette ouverture vers des promesses de liberté et d’égalité, comme en 1789, qui m’a fait utiliser le mot de révolution. D’ailleurs, les acteurs eux-mêmes ont employé ce mot.
Tahar Ben Jelloun. Pour moi, il s’agit de révoltes, spontanées venues d’exaspérations et de colères. Cela pourrait devenir une révolution le jour où il y aura un leader. Le peuple n’a pas cherché à prendre le pouvoir, il s’agit plus d’une mutinerie.
Vous n’avez pas utilisé le mot “démocratie”, c’est une nouveauté ?
B.S. Cela va de soi ! Mais c’est vrai que la démocratie est une idée neuve.
T.B.J. C’est même devenu une évidence, le peuple a voulu récupérer ses droits de citoyen.
B.S. Toutes les idéologies réfutant la démocratie sont vouées à disparaître. C’est pour cette raison que j’ai évoqué la naissance de l’individu arabe.
T.B.J. Je suis d’accord. Auparavant, le clan et la famille primaient sur l’individu. L’autre nouveauté, c’est la fin de l’islamisme. Leur logiciel était ­périmé, ils n’avaient pas leur place.
Quel a été le rôle des intellectuels ?
T.B.J. Les élites n’ont pas eu de rôle dans ces révoltes, mais les ­écrivains n’ont pas cessé, depuis des années, de décrire la pourriture dans ces pays. Leurs écrits ont fait leur ­chemin et préparé le terrain.
B.S. N’oublions pas que les intellectuels ont payé le prix fort dans les dictatures. Des journalistes, des écrivains, des psys ont été assassinés. Mais soyons honnêtes, certains intellectuels ont accepté ces pouvoirs dictatoriaux.
T.B.J. Oui, il y a eu des compromissions. Intellectuel ne veut pas dire révolutionnaire.
L’action des femmes a-t-elle été ­primordiale ?
B.S. Oui, nous avons vu les femmes dans les mobilisations. Elles avaient déjà été présentes dans les ­batailles démocratiques à plusieurs ­reprises. Elles étaient là, même si leur combat a parfois échoué.
T.B.J. Leur rôle a été capital. ­Certaines étaient même prêtes à perdre leurs fils au nom de la liberté.
Pourquoi ce qui a été possible en ­Tunisie et en Egypte ne l’est-il pas en Algérie ?
T.B.J. L’Algérie est dans la même situation que la Libye ou la Syrie. Le seul espoir pour ce pays est qu’un jour, un militaire honnête prenne le parti du peuple.
B.S. L’Algérie est une société martyrisée et traumatisée. La guerre civile dans les années 90 a fait 100 000 morts.
T.B.J. C’est un pays riche qui ne profite pas de ses richesses. Sa population veut émigrer et cela condamne ce régime. Le jour où la démocratie s’installera, ce sera une grande démocratie.

“IL Y AURA UNE ÉTINCELLE”

Quelle influence le printemps arabe peut-il avoir sur la jeunesse française ?
T.B.J. Je pense qu’il se passera quelque chose dans les banlieues car rien n’a été fait pour gommer les injustices. Ni en termes d’urbanisme, ni en termes d’éducation ou de travail. Tôt ou tard, la révolte gagnera.
B.S. Un jour, il y aura une étincelle. Quand je vois que le maire de Sevran en appelle à l’armée ! Nous ne sommes pourtant pas en Syrie. Les jeunes en ont assez de ne pas se sentir respectés.
T.B.J. Et moi, quand j’entends ­certains intellectuels comme Richard Millet dire qu’ils ne se ­sentent plus chez eux en France, ça me révolte. ­Aujourd’hui, il faut une volonté politique de s’occuper sérieusement de ce ­problème. Nos banlieues sont devenues une véritable bombe à retardement.
Les jeunes issus de l’immigration maghrébine se considèrent-ils proches des jeunes Arabes ?
B.S. Il y a une solidarité qui s’exprime via Internet. Mais la jeune génération née en France se trouve aujourd’hui plus proche des “indignés” espagnols que des Maghrébins.
T.B.J. Ils sont français. Ils n’ont pas envie de se révolter contre le ­pouvoir, mais pour avoir du travail et une vie décente
Source : parismatch.com
Tahar Ben Jelloun :  L’étincelle », éd. Gallimard, 122 pages, 11 euros.« Par le feu », éd. Gallimard, 49 pages, 7,50 euros.
Benjamin Stora : « Le 89 arabe, dialogue avec Edwy Plenel », éd. Stock, 180 pages, 16,50 euros.

Algerie: Le casier judiciaire supprimer de les dossiers d’emploi

Algerie360.com

Le casier judiciaire ne sera plus exigé pour les dossiers d’emploi et les demandes de crédits

Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, M. Tayeb Belaiz, a annoncé jeudi à Djelfa, que le casier judiciaire ne sera plus exigé pour les dossiers d’emploi et les demandes de crédits. En marge de la visite d’inspection qu’il effectue au nouvel établissement pénitentiaire d’Ain Ouassara (Djelfa), M. Belaiz a expliqué qu’une instruction ministérielle concernant le casier judiciaire des repris de justice libérés avait été adressée à cet effet aux établissements d’emploi et d’octroi de crédits.
Il a rappelé à l’occasion la signature récemment par le Premier ministre d’une instruction officielle sur le traitement des repris de justice en matière de demande d’emploi et de crédits en les dispensant de présenter le casier judiciaire.
Le ministre a ajouté que l’instruction avait été promulguée à la faveur d’un rapport détaillé présenté par le ministère de la Justice au Gouvernement rappelant que la note concerne en premier lieu le ministère du Travail et de l’Emploi et les banques.
Selon cette instruction, les repris de justice seront traités ”sans discriminations” pour ce qui est des procédures administratives et les dossiers à fournir.
Ainsi, le Premier ministère aurait radié “définitivement”, selon M. Belaiz, le casier judiciaire des dossiers des repris de justice relatifs aux demandes d’emploi ou de crédits afin d’assurer une meilleure réinsertion sociale à cette catégorie.
Le ministre a en outre rappelé que tous les tribunaux assureront la permanence de service de délivrance du casier judiciaire et de la nationalité durant la période des congés d’été et les week-ends.