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lundi 4 juillet 2011

Algerie:madani mezrag et le retour de fis

Madani Mezrag


Dialogue national, retour des islamistes de l’ex-FIS, affaire Gharbi…

Entretien avec Madani Mezrag, ex-émir national de l’AIS

Dans un entretien accordé à TSA , Madani Mezrag, ancien émir national de l’Armée islamique du salut (AIS) s’exprime notamment sur les consultations politiques menées par la commission Bensalah, les révoltes arabes, la formation d’un nouveau parti islamiste et l’affaire Mohamed Gharbi. 
Pour l’ancien émir de l’ex‑AIS, les consultations politiques ont échoué avant même de commencer. « Ces consultations sont comme un mort‑né. Elles ont échoué avant même de commencer », a‑t‑il dit, déplorant l’exclusion initiale des islamistes de l’ex‑FIS de ces consultations. Pourtant, a‑t‑il argumenté, le FIS dissous a « remporté les premières et dernières élections libres et transparentes organisées en Algérie depuis l’indépendance ». C’était en 1991. L’annulation des résultats de ces élections a plongé le pays dans la violence terroriste qui a fait plus de 200 000 morts. L’ancien patron du bras armé de l’ex‑FIS a indiqué qu’il avait adressé, le 11 février dernier, des propositions de sortie de crise au président de la République.

Madani Mezrag a estimé qu’il n’était pas « judicieux » pour le peuple algérien de monter, sans réfléchir, sans tirer les leçons du passé, dans le train des révoltes qui soufflent sur le monde arabe depuis la fin de l’année 2010. « Si certains peuples arabes viennent de se réveiller de leur longue hibernation, le peuple algérien a commencé à se révolter depuis le milieu des années 80 », a expliqué M. Mezrag. L’ex‑patron de l’AIS préfère une révolte pacifique accompagnée d’un dialogue et d’une consultation avec toutes les forces de la société. « La raison et le devoir nous obligent à réfléchir afin de trouver les bonnes voies pour permettre à notre pays d’entamer une nouvelle ère de fraternité, de justice, d’indépendance et de dignité », a‑t‑il dit.

Madani Mezrag est revenu sur la dissolution de l’AIS en 1997. Il accuse les autorités d’avoir failli à leurs engagements et de n’avoir pas respecté l’accord avec l’ex‑bras armé du FIS dissous. Mais il dément avoir présenté une demande d’agrément pour un nouveau parti politique islamiste. « Nous n’avons pas présenté de demande d’agrément d’un parti politique », a‑t‑il affirmé, accusant le courant éradicateur du régime de contrôler de nombreux postes sensibles et stratégiques de l’État. « Ce courant ne peut durer à la tête de ces postes qu’avec la force », a‑t‑il ajouté.

Madani Mezrag a affirmé qu’il disposait d’un passeport et qu’il voyageait librement, comme de nombreux éléments de l’ex‑AIS  qui continuent de travailler dans le commerce dans des pays arabes et européens.

Enfin, l’ex‑émir de l’AIS s’est exprimé sur l’affaire Mohamed Gharbi. Selon lui, seule la famille du défunt Ali Merad est en mesure d’accepter la libération de Mohamed Gharbi. Ce dernier a été reconnu coupable et condamné pour assassinat d'Ali Merad. Un collectif demande sa libération. « Ni le Président, ni le ministre ne peuvent décider à la place des autres, sous la pression de ceux qui se réclament de la société civile », a averti Mezrag, affirmant qu’il ne restera pas muet si le tueur d'Ali Merad, venait à être libéré sans un arrangement avec la famille du défunt.


Algérie. quelle avenire pour cette paye et sa peuples

                                                                                                                                 04-07-2011
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économie de l algerie de 2031!

Perspectives économiques: L’Algérie de 2031 vue par des spécialiste

L’Algérie n’a pas de plan pour l’avenir ni pour l’économie, ni pour la politique ni pour tout autre domaine, on ne sait pas ce qu’il va advenir de notre pays dans les 30 prochaines années, c’est ce qu’ont estimé hier des spécialistes qui animaient une conférence-débat sur le thème “5 Juillet 2001-5 Juillet 2031 … vision prospective” au Centre des études stratégiques d’Echaâb à Alger.
Décortiquant l’économie algérienne, Bachir Mostefa, professeur d’économie à l’université l’a qualifiée d’économie «mi-keynésienne et rentière». Selon lui «l’économie keynésienne repose sur l’injection des fonds dans une économie industrialisée alors que chez nous il y a injection de fonds dans une économie non industrialisée». «Cet état de faits, a-t-il ajouté, favorise l’inflation». La conférence, a du reste, réfuté le nombre de 400.000 PME-PMI.
«La plupart des patrons ont 2 ou 3 registres de commerce, quand ils sont sous la pression des impôts, ils mettent au placard l’un de leur registre» a-t-il soutenu. Selon lui le nombre réel de PME-PMI se situerait entre une fourchette de 140.000 à 200.000. Le taux de couverture ne dépasse pas 0,8 %, «ce qui très faible» a-t-il dit. Bachir Mostefa tout en plaidant pour des mesures protectionnistes de la production nationale, a tiré la sonnette d’alarme sur le niveau des importations.
«La facture d’importation en 2010 s’est élevée à 40 milliards de dollars dont 6 milliards ont été dépensés pour l’alimentation». Et de déplorer le fait qu’on recoure à l’importation «du raisin, des lentilles, de l’huile, du blé, des oignons, des tomates, amandes, viande et poissons congelées, etc.». «La friperie, a-t-il ajouté, nous a coûtés un million de dollars sans compter les dépenses de la friperie qui nous vient par le biais du marché parallèle (40%).
La tendance aujourd’hui est à la satisfaction tout azimut des besoins internes, ce qui est une erreur» déplore-t-il. Pour lui le secteur public est un «secteur prédateur». Bachir Mostefa soutient qu’il n’y a pas de stratégie industrielle. «On a fait des ateliers pour mettre au point une politique dans ce sens mais aucun ministère ne s’estime compétent pour la mettre en œuvre». Et de plaider pour la création d’un ministère de la Stratégie industrielle.
Le conférencier a accusé même indirectement le gouvernement d’avoir sacrifié la souveraineté. «Il faut que les autorités se rendent compte qu’elles sont souveraines dans leurs décision» a-t-il martelé. Et l’orateur de citer l’exemple de la Malaisie «qui accorde aux investissements étrangers des terrains d’assiette pour leurs projets en contrepartie de l’acceptation de l’exportation des produits malaisiens dans ces pays».
Le conférencier a proposé pour les dix prochaines années «d’interdire l’importation de tous les produits qui se fabriquent en Algérie ainsi que la suppression des taxes qui représentent 70 % des coûts». L’autre étape devrait permettre, selon lui, l’exportation des produits algériens. Bachir Mostefa a critiqué aussi le Cnes (Conseil national économique et social).
«Cette institution doit faire son travail ou disparaître, elle n’a pas à réunir la société civile» juge-t-il. Notons que les autres intervenants, l’avocate Monia Meslem et l’économiste Salim Kelala, ont insisté respectivement, sur la nécessité de renforcer l’indépendance de la justice et sur la nécessité de lancer des études prospectives.

l algerie et les nouveaux difis

L’Algérie doit s’adapter aux exigences du nouveau monde

Le recours aux subventions et aux importations sont une “erreur stratégique”, estiment les experts dont certains
ont présenté l’indépendance de la justice comme le passage obligé pour une économie forte
Quel est l’avenir de l’Algérie, notamment sur les plans économique, politique et socio-judiciaire ? Cette question a été, hier à Alger, au cœur des préoccupations des invités du Centre d’études stratégiques d’Echaab, à savoir la juriste Mounia Mouslim, l’économiste Bachir Mostefa et l’universitaire Salim Kalala. Lors de la conférence, tous les trois ont insisté sur l’importance, voire l’urgence, de l’adaptation de l’Algérie aux exigences du nouveau monde.
Le Dr Mostefa a même fait remarquer que si le XXIe siècle est celui de “l’économie numérique”, “le XXIIe sera le siècle de la pensée économique”. Selon l’analyste et conseiller de certaines chaînes de télévision, l’État ne peut répondre indéfiniment aux demandes multiples par le recours aux subventions et aux importations, surtout lorsque le pays continue de traîner “une économie fragile” dépendante du pétrole et du gaz. L’économiste a d’ailleurs qualifié une telle démarche d’“erreur stratégique”, en déplorant “l’absence de vision lointaine” et celle d’un système permettant au pays une adaptation rapide aux mutations. “L’État doit s’éveiller et protéger l’économie nationale”, a-t-il observé, en plaidant pour “une nouvelle vision de l’économie nationale” reposant sur “une volonté politique forte”. Sinon, a ajouté le conférencier, “nous allons vers une crise” comme celle de 1987. De son côté, Mme Mouslim a défendu l’idée d’indépendance de la justice, assurant que celle-ci est “la force d’une nation”. “Si nous voulons bâtir une économie forte et si nous voulons avoir une société forte, il faut alors aller vers l’indépendance de la justice”, a affirmé la juriste, non sans préciser la nécessaire indépendance du juge vis-à-vis du ministère de tutelle et du président de la République. L’intervenante a reconnu que la situation et la carrière du juge algérien ont certes connu des “améliorations” ces dernières années, mais “cela ne suffit pas, car il n’est pas indépendant”. D’après elle, la construction d’une “Algérie démocratique et développée”, intimement liée à l’indépendance du pouvoir judiciaire, doit d’abord être portée par une volonté politique. Le dernier intervenant, en l’occurrence Salim Kalala, a touché du doigt le problème de la recherche et de la réflexion. Dans ce cadre, il a constaté l’inexistence d’études sur l’avenir du système politique algérien. Pourtant, a poursuivi M. Kalala, aujourd’hui, les spécialistes dans le monde convergent sur l’idée de changement que subira le système politique actuel. Dans son résumé relatif aux études réalisées en Occident, le professeur en sciences politiques a laissé entendre que dans 50 ou 60 ans, “la démocratie directe” s’imposera d’elle-même, par le biais de la technologie. “Les partis politiques vont disparaître s’ils ne s’adaptent pas et nous verrons l’émergence de nouvelles organisations politiques”, a-t-il confié. Toujours selon la vision occidentale, les dangers menaçant l’avenir ne seront pas de l’ordre du terrorisme, mais proviendront de “la menace psychique”, elle-même sujette aux “pressions”. D’où l’intérêt porté par les chercheurs sur, entre autres, le rôle des médias, des partis politiques et des associations. Arrivé à ce stade de la réflexion, l’universitaire a fait savoir que le “Printemps arabe” n’est rien d’autre qu’un “travail (fait) sur l’esprit”.
Que faire pour affronter ces nouvelles menaces ? “Pour s’adapter aux XXIe et XXIIe siècles, il faut approfondir les études, mais la population doit aussi acquérir une culture générale”, a soutenu l’intervenant, en proposant la création d’ateliers de réflexion. Ce dernier a également plaidé pour la consolidation des institutions et formations politiques encore faibles, ainsi que pour la révision des textes sur le rôle des médias, des partis et associations.

dimanche 3 juillet 2011

google:rapport de transparence

google report
Clubic






Google publie son rapport semestriel concernant les demandes de suppressions gouvernementales
Google a mis à jour hier son « rapport de transparence » visant à présenter les requêtes gouvernementales en matière de demande de suppression de contenu ou de renseignement sur les utilisateurs. Le bilan dressé fait part d'une hausse générale des demandes de suppression de résultats.


En avril 2010, Google lançait une carte des requêtes gouvernementales : « Nous croyons qu'une plus grande transparence permettra de réduire la censure » expliquait à l'époque David Drummond, chef des affaires juridiques de la firme. Un peu plus d'un an après, l'idéalisme de l'entreprise se vérifie difficilement, les chiffres ayant globalement augmenté.

La France dans le top 5 des demandeurs d'infos utilisateurs

Le nouveau bilan publié le 27 juin par Google donne des informations concernant les requêtes effectuées entre juillet et décembre 2010, et compare les chiffres avec ceux relevés entre juillet et décembre 2009. Pour la grande majorité des pays listés, le pourcentage de requête a explosé. Le top 5 des pays les plus demandeurs de renseignements sur les utilisateurs se compose des USA (4601), du Brésil (1804), de l'Inde (1699), du Royaume-Uni (1162) et enfin de la France (1021). Pour ce qui est des demandes de suppression de contenu, le Brésil tient le haut du pavé avec 263 requêtes – principalement sur le réseau social Orkut – suivi par la Corée du Sud (139), l'Allemagne (118), la Libye (68) et l'Inde (67).

A noter que chaque demande concernait différentes informations : ainsi, si le Royaume-Uni n'a déposé que 38 requêtes, ce sont au final pas moins de 93 518 éléments qui ont été supprimés des services de Google, principalement des « annonces frauduleuses qui conduisaient à des sites d'escroquerie » dans ce cas précis. La France arrive 10e avec 23 requêtes concernant 116 éléments.

Google indique également de plusieurs pays ont « pour la première fois », soumis un nombre important de requêtes, notamment concernant la suppression de contenu. C'est le cas entre autres de la Croatie, du Danemark ou de la Hongrie. En Israël, les demandes de renseignements concernant les utilisateurs ont augmenté de 80% selon Google.

Un rapport précis et détaillé

Initialement consultable uniquement à l'état de carte, le Transparence Report propose désormais une fiche détaillée par pays qui permet de visualiser les services visés par les requêtes de chaque pays, et les motifs. En France, on constate par exemple que la diffamation est la motivation principale des demandes de suppression. La mappemonde, qui exploite Google Maps, permet quant à elle d'avoir un aperçu rapide des pays les plus demandeurs, ainsi que le pourcentage des requêtes satisfaites.

algerie:Pauvreté et richesse dans un seul endroit



                                                                          03-07-2011

L’Algérie, un pays riche avec les préoccupations d’une nation pauvre
C’est le sujet qui monopolise quasiment les médias et la classe politique depuis une semaine. La réintroduction de l’autorisation d’importer de la friperie, c’est‑à‑dire des vêtements d’occasion, en Algérie a été votée par les députés à l’APN et le conseil de la nation, dans le cadre de la loi de finances complémentaire 2011. Cette mesure a eu l’effet d’un ouragan. Les professionnels du secteur du textile l’ont fortement dénoncée. Ils ont accusé le lobby des importateurs d’être derrière cette décision qui, selon eux, va ruiner les dernières chances du secteur de se relever. La presse et une partie de la classe politique s’est emparée du dossier comme dans d’autres pays on s’empare d’une affaire d’État.

Certes, on comprend qu’une telle mesure soit néfaste pour l’activité du secteur du textile. Les travailleurs du textile ont d’ailleurs manifesté en nombre mercredi dernier à Alger devant l’UGTA. Mais si on est honnête, il faut bien reconnaître que le secteur du textile est à l’agonie depuis de nombreuses années déjà et que les différents plans d’aide ne lui ont jamais permis de se relever. Dès lors, et même si le désarroi des professionnels est compréhensible, pourquoi ce sujet est‑il devenu une véritable affaire d’État ?

D’autant que la LFC 2011 contient d’autres points bien plus importants pour l’économie nationale et révélateurs des errements de la politique économique du gouvernement. C’est le cas par exemple des sommes énormes débloquées dans des mesures sociales d’urgence pour apaiser le climat social, de la faiblesse des mesures mises en place pour diversifier l’économie et sortir de la dépendance des hydrocarbures.

En fait, cet évènement nous ramène une fois de plus à notre condition. L’Algérie, pays riche à milliards grâce au pétrole et au gaz, reste paralysée par des préoccupations de pays pauvre. Un débat sur la friperie est en effet indigne d’un pays qui se targue de posséder 160 milliards de réserves de change. Malgré les discours ambitieux et optimistes de nos dirigeants, la triste réalité nous revient en plein visage. Et les exemples ne manquent pas.

Ainsi, les émeutes du logement ont repris. Pas un jour ne s’est écoulé ces dernières semaines sans une manifestation de citoyens excédés contre les listes d’attribution de logements. De nombreuses personnes vivent encore dans de véritables bidonvilles ; et lorsqu’elles sont enfin relogées, c’est pour se retrouver dans des cités qui manquent des équipements les plus basiques. Les routes d’accès font parfois défaut, comme les accès au gaz ou au téléphone. L’accès au gaz, à l’électricité, à l’eau est d’ailleurs également un problème pour beaucoup. Et le soir l’ENTV n’hésite pas à montrer des citoyens « remerciant » le président Bouteflika de leur avoir donné un « logement ».

Avec l’été, revient aussi l’inquiétude  des délestages d’électricité et des coupures d’eau. Même le besoin le plus élémentaire, se nourrir, reste un problème majeur pour de nombreux Algériens. Les prix flambent, le pouvoir d’achat est en berne. Les Algériens les plus modestes en sont réduits à se demander s’ils peuvent se permettre d’acheter de l’huile ou du sucre. Le ramadhan approche et les angoisses sur la disponibilité de la nourriture reviennent dans un pays incapable de rassurer sa population sur sa dépendance alimentaire.

Alors que grâce à la rente pétrolière, nous devrions avoir réglé depuis longtemps tous ces problèmes les plus fondamentaux, les Algériens se débattent toujours avec ces considérations élémentaires. Pendant ce temps, le gouvernement se gargarise de  l’arrivée prochaine du GPS, du lancement de son premier satellite, alors qu’il reste empêtré dans des préoccupations de pays pauvre.

Algérie: Les défis et les enjeux de l économie


Logo ElWatan                                                                      03-07-2011


Mahdjoub Bedda. Docteur en économie et auteur de l’ouvrage ZALE : les enjeux et les défis de l’Algérie

 leconome de l algerie

«La première année de l’adhésion de l’Algérie à la ZALE a coûté une perte d’un milliard de dollars»

 Deux années se sont déjà écoulées depuis la décision de l’Algérie d’adhérer à la Zone arabe de libre-échange (ZALE). Comment évaluez-vous ce parcours jusqu’ici, vous qui êtes auteur d’un ouvrage dédié à cette problématique ?

Il est utile de préciser qu’il est difficile, de prime abord, de faire une évaluation des deux années 2009-2011 de l’adhésion de l’Algérie à la Zone arabe de libre-échange (ZALE). Il faut préciser, néanmoins, que la décision de l’Algérie d’adhérer à cette zone de libre-échange remonte à 1997. L’adhésion officielle n’est intervenue qu’après une douzaine d’années environ, en 2009. L’Algérie a entamé des négociations au début de l’année en cours (avril-mai) avec la Ligue arabe afin de pouvoir réviser son parcours initial en tentant d’imposer une liste négative de 1260 produits interdits à l’importation. Ce n’est pas encore gagné pour l’Algérie, car le pays devrait tenter, durant le second semestre de 2011, de convaincre les pays membres du conseil économique et social de la Ligue arabe. L’Algérie devrait préciser, notamment, les raisons qui motivent cette liste négative, la nature des produits et des secteurs d’activité concernés ainsi que le pourquoi de cette liste. Nous comprenons que la première décision d’adhérer à la ZALE ait été prise de manière précipitée et unilatérale. L’Algérie aurait pu négocier d’avance ses choix et ses priorités économiques, car cette option était possible, l’Algérie disposant de toutes les échéances nécessaires. Elle est la dernière contrée à avoir accédé à cette zone de libre-échange. Je dois souligner que malgré cette prise de décision précipitée et unilatérale, l’Algérie dispose de tous les droits de négocier la liste négative en question, compte tenu du danger que suppose cette ouverture économique et commerciale. Cette volonté de l’Algérie d’imposer les droits de douane sur certains produits a été motivée sous la pression directe des opérateurs économiques, lesquels avaient pourtant, comme pour le cas de l’Accord d’association avec l’UE, mis en garde quant aux déséquilibres préjudiciables en termes d’échanges.

- Peut-on évaluer aujourd’hui, deux années plus tard, les conséquences de cette décision prise précipitamment par l’Algérie ?

Il faut reconnaître d’abord que les pouvoirs publics n’ont pas pris en considération les conséquences néfastes que pourrait induire cette ouverture précipitée du commerce extérieur sur certains secteurs d’activité réputés fragiles. Il est utile d’admettre aussi l’existence d’une concurrence déloyale qu’imposent les produits exemptés des droits de douane sur certains produits locaux, dont les industries sont confrontées à mille et un casse-tête. Les deux secteurs susceptibles d’être laminés par les produits importés depuis les pays de la ZALE sont surtout l’agroalimentaire et les matériaux de construction. En outre, l’Algérie aura du mal à faire face à l’afflux de produits fabriqués dans des pays de la ZALE, surtout lorsqu’on sait que la plupart de ces pays disposent de politiques incitatives et facilitatrices à l’exportation. D’autres problèmes viendront, ensuite, se poser en aval, liés surtout à l’authentification des certificats de conformité et d’origine des produits.

- Depuis l’introduction de cette fameuse liste noire de 1260 produits soumis aux droits de douane, y a-t-il eu des résultats positifs sur la balance commerciale de l’Algérie ?

Dès janvier 2010, soit depuis l’introduction de la première «liste noire», l’Algérie a enregistré une baisse en nombre de produits exemptés des droits de douane. Le taux de cette baisse a été ramené à 50%, voire à 45%, ce qui a permis de rééquilibrer quelque peu la balance commerciale qui était déséquilibrée au profit des pays de la ZALE. Si l’on se réfère à la structure des importations algériennes depuis les pays de la ZALE sur les deux années 2008 et 2009, soit avant l’introduction de la liste noire en question, on peut constater que 98,57% des produits importés n’étaient pas soumis aux droits de douane en 2009 et 96,41% en 2008. Autrement dit, seuls 1,43% de ces produits importés en 2009 et 3,59% en 2008 étaient concernés par les différentes impositions douanières. Nous pouvons constater ainsi que si le rythme du démantèlement tarifaire était maintenu sur cette lancée, l’Algérie aura à subir des contrecoups fâcheux sur sa balance commerciale. Il faut préciser que pendant que le démantèlement tarifaire se faisait précipitamment, l’Algérie continuait à n’exporter que ses hydrocarbures.
Les dernières statistiques provenant des Douanes algériennes montrent, cependant, le recul du volume des importations depuis les pays de la ZALE. Comparativement à 2009, cette baisse a atteint 50% depuis le début de 2010, date d’introduction de la première liste des produits soumis aux taxes douanières. C’est ainsi qu’un dossier a été introduit au niveau de la Ligue arabe, comprenant une liste de ces produits soumis aux droits de douane.

- Concrètement, quelles sont les pertes qu’a eu à subir l’Algérie depuis son adhésion à la ZALE ? Avez-vous quantifié ce préjudice ?

Depuis 1997, date de l’émergence de l’idée de créer la Zone arabe de libre-échange, à 2008, l’Algérie était absente de cette entité naissante. Il faut préciser que pendant cette période d’absence, l’Algérie disposait de toutes les données économiques capables de codifier son adhésion à la ZALE, de définir ses choix et ses conditions d’un échange commercial équilibré. Une année après sa décision d’adhésion à la ZALE, l’Algérie était dans l’obligation de recourir à l’établissement d’une liste noire de produits soumis aux droits de douane. Les pertes pour le pays étaient énormes des suites d’une ouverture débridée. Les premières estimations font état d’un milliard de dollars de pertes durant la première année de l’adhésion de l’Algérie à la ZALE, en dépit même de la faiblesse du volume des échanges commerciaux entre les pays arabes comparativement à nos échanges avec l’UE et/ou les USA et la Chine. Les pouvoirs publics, qui n’ont pas pensé à effectuer une étude d’impact avant de prendre la décision d’adhérer à la ZALE, doivent, aujourd’hui, trouver des solutions de parade, car cette période de grâce dont dispose le pays, en attendant l’examen de la liste noire par le conseil économique et social de la Ligue arabe, n’a qu’une durée de trois ans.
Cette période de grâce, qui devrait durer trois à quatre années, devrait permettre à l’Algérie de se préparer à mieux affronter la concurrence qu’imposent les pays de la ZALE. Il est vrai que le recours de l’Algérie à la décision d’imposer cette liste noire est motivé par sa volonté de protéger son économie, mais davantage d’efforts doivent être consentis à d’autres niveaux. L’Algérie est confrontée à l’obligation de diversifier son économie, de mieux préparer son industrie à la concurrence et de créer un secteur privé solide et compétitif. Il ne s’agit nullement donc de revoir la décision d’adhésion de l’Algérie à la ZALE, car ce choix est à la fois éminemment politique et stratégique, mais de revoir certains aspects capables de rééquilibrer les profits et les intérêts.  

Algerie les liste noire de logement


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 03-07-2011

L’affichage des listes de bénéficiaires met le feu aux poudres,Les logements de la colère


L’Algérie peine à trouver un climat social apaisé, en dépit de la multitude de mesures prises à cet effet par le gouvernement.
Ni le soutien aux prix des produits limentaires de base, l’huile et le sucre notamment, ni les revalorisations salariales assorties toutes d’effet rétroactif et encore moins la promesse d’un avenir radieux après les réformes politiques annoncées n’ont été à même de ramener la paix sociale.
C’est que quand bien même il serait convenablement rémunéré, l’Algérien, partout où il réside, reste mal logé. Aussi, dès qu’une commune affiche une liste d’attribution de logements sociaux, la contestation, rarement pacifique, germe immanquablement.
A l’est du pays, principalement à El Tarf, Annaba et Jijel, la fin de semaine a été particulièrement chaude. Des affichages de listes de bénéficiaires de logements sociaux ont soulevé des vents de protestation qui ont tourné aux émeutes. Des scènes de saccage d’édifices et de biens publics ont été enregistrées. Alger, la capitale, n’est pas en reste. Presque dans la quasi-totalité de ses communes, les déceptions, après souvent de longues années d’attente d’un toit, se sont muées en éructations de colères. Une situation qui a, semble-t-il, incité le wali d’Alger à annoncer un plan Marshall : 120 000 logements pour la capitale d’ici 2014.
Encore une épreuve de patience pour tous les oubliés des livraisons en cours et certainement de celles passées. Des oubliés qui ne sont pas assurés de figurer dans ce proche avenir parmi les heureux bénéficiaires d’un logement social. Car il est établi que ce type de logement ne profite pas aux seuls éligibles à la formule, c’est-à-dire aux citoyens à faible ou sans revenu qui ne disposent pas d’un toit ou vivent dans l’exiguïté d’un bien familial indivis.
L’accusation, redondante, il faut bien le noter, portée à l’encontre des maires, chefs de daïra et des commissions chargées de sérier les ordres de priorité d’accès au logement social s’arrangent à chaque fois de servir des proches au détriment des postulants légitimes apporte la preuve intangible de ce que c’est aussi la gestion du dossier par les autorités locales qui, à chaque livraison, fait des laisser-pour-comptes, des mécontents.
Et il se trouve que c’est sur les seuls maires, élus qu’ils sont, que s’abattent les colères des citoyens. Des colères qui, en ce moment, tombent mal, puisqu’elles constituent un mauvais prélude à une compétition électorale qui n’est pas loin. Il est évidemment des popularités qui déclineront forcément. Pendant que ce temps, à plus haute échelle, walis et gouvernement s’évertuent à faire les arbitres, alors qu’ils sont, en vérité, les premiers concernés par la situation tant est que ce sont eux qui élaborent et dictent la politique sociale, le logement y 
compris.
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 LA CONTESTATION POUR LE LOGEMENT CONTINUE TOUJOURS À AÏN TÉMOUCHENT
Un mort, des tentatives de suicide

Tout le monde veut une logement
Trois jours après l'affichage des listes des bénéficiaires de150 logements sociaux à Aïn Témouchent et Sidi Ben Adda et avec attroupement qui s'en est suivi mercredi dernier, la contestation continue toujours dans le chef-lieu de wilaya.
Des dizaines de citoyens non retenus sur les listes des bénéficiaires ont assiégé la daïra et la radio locale pour exprimer leur mécontentement. Selon ces citoyens, les bénéficiaires de ces logements ne méritaient pas d'êtres inscrits du fait qu'ils sont à l’abri du besoin. Selon une source, une dame est décédée suite à un malaise cardiaque après qu'elle n'eut pas trouvé son nom sur la liste des bénéficiaires également. Plusieurs citoyens ont tenté de mettre fin à leur vie. L'un en s'immolant par l'essence fut sauvé miraculeusement par les forces de l'ordre, tandis qu'un père et son fils ont tenté de se jeter du haut d'un immeuble, heureusement que des gens les ont ramenés à la raison. Le représentant de la Ligue des droits de l'homme de la wilaya de Aïn-Témouchent a adressé une correspondance aux autorités pour demander qu'une enquête soit menée pour rétablir les exclus dans leurs droits. Certains mécontents ont tenté jeudi de squatter les appartements destinés aux bénéficiaires et ce n'est qu'avec l'intervention massive des forces de l'ordre que les contestataires ont été sommés de quitter les lieux. En fin de compte, une délégation des protestataires a été reçue par le chef de daïra qui a écouté leurs doléances. 

mercredi 29 juin 2011

Algérie: les listes noir de logements


www.liberte-algerie.com

Émeutes, listes contestées et passe-droit
UN TOIT À TOUT PRIX
FrustrationLes récentes émeutes de Batna à cause d’une liste de bénéficiaires contestée reflète une réalité : le système de distribution de logements reste injuste, opaque, en dépit des constats récurrents des gouvernants sur cette situation, dressés depuis au moins trois ans. Rendre la répartition plus juste bute sur une gouvernance centrale et locale, préoccupée dans maints cas sur la récupération à son profit des biens subventionnés par l’État. Outre l’absence de transparence, le favoritisme, si ce n’est le versement de la tchipa, rend l’accès au logement problématique pour une grande partie des Algériens dont une bonne portion n’attend que cette clé de sésame, susceptible de mettre fin à leur statut de célibataires. Résultat des courses : la crise du logement est loin d’être réglée malgré un effort sans précédent de l’État au cours de la décennie 2000.
Au demeurant, le logement mesure aujourd’hui notre réticence à instaurer un État de droit, le degré d’exclusion sociale dans le pays et le niveau des inégalités entre Algériens, d’où un sentiment de frustration partagé qui n’annonce pas, loin s’en faut, de lendemains meilleurs. En ce sens, la demande est en train d’enfler. Pendant que l’offre bien que démultipliée n’arrive pas à suivre les besoins. En raison de la rareté du foncier, la spéculation, un détournement de l’offre et un outil de réalisation caractérisée par une organisation des chantiers et des systèmes constructifs archaïques. En un mot, une véritable bombe à retardement. Si on n’y prend pas garde.
En définitive, le logement reste inaccessible pour une grande partie des Algériens. S’il faut saluer les mesures gouvernementales arrêtées pour solvabiliser la demande, ces décisions restent insuffisantes. En effet, il faut au moins trois à quatre fois le SNMG pour accéder au crédit immobilier en vue de l’acquisition d’un logement promotionnel subventionné par l’État (LPA). Pour acquérir un appartement sur le marché via un financement bancaire, il faut au minimum un salaire de 100 000 dinars par mois. En supposant que le crédit soit facilement accordé, le problème de l’offre se pose. Les logements accessibles sont les LPA. Or, il est très difficile aujourd’hui d’y accéder surtout à Alger où la pression demeure très importante. Il est donc plus nécessaire de fluidifier le marché de l’habitat. Faciliter l’accès des terrains aux promoteurs, régler la problématique relative aux capacités de réalisation considérées comme insuffisantes, assurer la transparence dans la distribution des logements et une intervention efficace de l’État en vue de solvabiliser la demande, autant de solutions contribuant à résorber la crise du logement, souligne un expert. Les entreprises dans le cadre de la fidélisation de leurs ressources humaines peuvent participer à cette œuvre citoyenne en accordant des avances sur leurs salaires. Les syndicats ou comités de participation pourraient puiser dans les œuvres sociales, orientées principalement, dans ce scénario, vers le financement des logements destinés aux salariés. Il convient également de libérer le marché locatif de ses contraintes.
Encore faut-il, in fine, une ferme volonté de l’État en vue de faire sauter les verrous à l’accès d’une grande partie des postulants au logement, dans une approche beaucoup plus globale. En un mot, les gouvernants sont de nouveau interpellés sur ce dossier. La conjoncture actuelle qui invite à une meilleure gouvernance devrait peser. À défaut, vouloir tourner le dos à la crise du logement ne fera qu’entretenir le malaise social qui risque de nous faire basculer, quitte à le répéter, vers de nouveaux cycles de contestation et de violence et retarder ainsi notre élan vers un développement durable.