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mercredi 13 juillet 2011

ALGERIE: 9009 contestations en une année des chiffres inquiétantes

Selon le directeur général de la sûreté nationale

«9000 contestations en une année»

Notre pays a connu plus de 9000 contestations, entre juillet 2010 et juillet 2011, d’ordre social et politique.


En tout cas, c’est ce qui ressort de la conférence de presse du DGSN, organisée hier au siège de la Direction des unités républicaines de sécurité à El Hamiz, qui a abrité les festivités de la célébration du 49e anniversaire de la création de la Police nationale.
«Depuis que je suis arrivé à la tête de la DGSN, nous avons mentionné 9009 interventions du maintien de l’ordre public», a déclaré le général-major, Abdelghani Hamel. Le conférencier a, toutefois, nié le fait qu’un nombre de ces interventions soit musclées et agressives.
«Ces interventions se font avec sagesse et professionnalisme, sans utiliser même pas les moyens conventionnels.
D’ailleurs, on a enregistré 3163 blessés dans les rangs de la police et 465 citoyens blessés lors de l’ensemble des contestations sociales», a précisé le DGSN. Dans son souci de bien gérer l’ordre public et augmenter le taux de la couverture sécuritaire au niveau national qui a atteint 76%, la Direction générale de la Sûreté nationale a recruté plus de 12 500 éléments depuis juillet 2010. Ainsi, l’effectif total de la police dépasse largement les 170 000.
«En plus des recrutements de qualité, la police a renforcé ses infrastructures afin d’assurer une meilleure couverture sécuritaire et lutter efficacement contre toutes sortes de criminalités. 337 nouvelles structures sécuritaires ont été ouvertes à travers tout le territoire national», a indiqué M. Hamel.
Et d’ajouter : «Nous voulons renforcer la police de proximité. Notre but est d’atteindre 100% de couverture sécuritaire. La norme internationale est d’un policier pour 250 citoyens.»
Selon le successeur du défunt Ali Tounsi, la nouvelle devise de la police algérienne, depuis son arrivée à la tête de la DGSN, est «l’amélioration du cadre socioprofessionnel des ressources humaines». «Nous avons analysé la situation précédente et décidé de fonder notre nouvelle stratégie de développement sur la professionnalisation des ressources humaines. La première mesure était l’application d’un nouveau statut particulier, plein de privilèges pour les policiers», a expliqué le DGSN.
«Actuellement, le policier bénéficie de plusieurs services sociaux améliorés, comme l’hébergement et la restauration au niveau des unités. Nous avons signé également 33 conventions avec diverses entreprises dans les domaines du transport, de la santé, des assurances, des télécommunications et du logement. Dans ce cadre, 1800 logements LSP ont été distribués aux policiers et à leurs familles, parmi un quota de 10 000 logements programmés», s’est réjoui M. Hamel.    

ALGERIE: Des coupures d'électricité fait la colère a biskra

Des coupures d'électricité qui électrisent biskra
Biskra : Les habitants de Chetma se révoltent contre les coupures d’électricité

Des coupures d'électricité qui électrisent la ville. Situé à 5 kilomètres de nord de Biskra, Chetma, petit village niché au bord de la RN 31, qui mène de Biskra vers Arris et Batna, a été aujourd’hui le théâtre d’affrontements entre la police antiémeute et les habitants de ce village.

La cause en est les fréquents délestages et les coupures en alimentation électrique a indiqué à DNA, un avocat de la région, joint par téléphone. En plus du saccage de la loge du centre universitaire situé à la sortie de Biskra, en allant vers Batna, on déplore plusieurs blessés parmi les policiers.
Depuis des années, à chaque été, les délestages reviennent en force gâcher le quotidien des habitants de Chetma. Cette année, l’attitude du chef de daïra est venue à bout de la patience légendaire des gens du village. Ce dernier avait fini par recevoir les protestataires qui avaient coupé la route à la circulation la veille au soir après un énième délestage.
« Il y avait des personnes de toutes catégories sociales et des commerçants surtout qui voient tous les jours leurs marchandises périr à cause des coupures d’électricité juste en début d’après-midi et jusqu’au soir. Ils ont commencé par brûler des pneus et barricader la route à l’aide de troncs d’arbres et autres objets, jusqu’à 22 h », raconte notre témoin.
Le chef de daïra qui a pris l’engagement d’accompagner des représentants des habitants de Chetma chez le wali de Biskra en vue de trouver une solution à ce problème n’a néanmoins pas tenu sa promesse.
Il a fait défection lorsque les représentants des habitants de Chetma sont allés le voir ce matin. Conséquence de cette défection, ils réinvestissent la RN 31 une fois de plus pour la couper à la circulation.
Mais, cette fois-ci, le mouvement de protestation dégénère en affrontements (voir photo). Des éléments de l’Unité républicaine de sûreté ont été mobilisés pour museler la manifestation. Selon notre source, les émeutiers ont saccagé le poste de police du pôle universitaire de Biskra situé à quelque encablures du lieu de la manifestation. .
Mardi soir, la RN 31 est toujours occupée par les protestataires et fermée à toute circulation et les tentatives de médiation des «notables» de la région n’ont toujours pas abouties. « Même Brahim Saou, le député RND, pourtant très respecté dans la région, n’a pas été épargné par les manifestants en colère qui l’ont traité de tous les noms lorsqu’il a tenté de les convaincre de cesser la violence», affirme-t-on.


 

dimanche 10 juillet 2011

Algerie :Mostéfa Bouchachi, la crise du logement risque de ne jamais être réglée


Mostefa bouchachi et la crise du logement

Mostéfa Bouchachi : "les fils des ministres et les amis des ministres, les seuls à bénéficier des logements"


Selon le président de la Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l'Homme (LADDH), Mostéfa Bouchachi, la crise du logement risque de ne jamais être réglée. Et pour cause, "les fils des ministres, les secrétaires des DG et les amis des ministres sont les seuls à bénéficier des logements, alors que les simples citoyens se partagent les miettes", a-t-il dénoncé dimanche dans les colonnes de notre confrère El Khabar. 

Au moment où Mme Raquel Rolnik, rapporteuse spéciale des Nations Unies sur le logement convenable en tant qu'élément du droit à un niveau de  vie suffisant, doit effectuer dimanche une visite de travail à Alger, le président de la LADDH, maître Bouchachi, jette un pavé dans la marre et accuse publiquement des hauts responsables du gouvernement de détourner les logements distribués par l'Etat en Algérie.
Ainsi, selon maître Bouchachi, ce sont "les fils des ministres, les secrétaires des DG et les amis des ministres" qui partagent à eux seuls seraient "les logements" construits et financés par l'Etat dans le but de résorber la lancinante crise de logement. Une crise qui dure depuis des décennies en Algérie. 
Mais si cette crise s'intensifie encore, le Président de la LADDH l'explique par l'accès limité des citoyens nécessiteux aux progremmes des logements sociaux concoctés par les Pouvoirs Publics. En réalité, selon Mostéfa Bouchachi, "les simples citoyens se partagent les miettes" de ces programmes en Algérie.
Il est clair que ces déclarations fracassantes ne laisseront pas indifférente Mme Raquel Rolnik dont la visite de travail en Algérie durera jusqu'au 19 juillet. 
Rappelons enfin que  dans le cadre de cette visite, Mme Raquel Rolnik effectuera aussi des déplacements  dans les villes de Boumerdès, Oran et Ghardaïa où elle s'entretiedra "avec les différentes institutions gouvernementales  en charge de la thématique de l'habitat et du logement, ainsi que les membres  de la société civile activant dans ce domaine", souligne un communiqué du ministère des Affaires étrangères.         

Algerie:le logements le problème éternelle de l'algérie

Dna-Dernières nouvelles d'Algerie500 000 nouveaux logements avant 2014 : Plan de secours pour contrer la révolte des mal-logés

500.000 logements d'ici à 2014
Parer à l’urgence. Devant la multiplication des mouvements de contestation nés autour de la distribution de logements, le gouvernement algérien annonce un plan d’urgence : construire 500.000 logements d'ici à 2014. «Sur la base de la forte demande en logements, le programme quinquennal arrêté en 2010 à deux millions d'unités a été augmenté de 500.000 unités en février dernier, pour totaliser près de 2,5 millions de logements», a annoncé dimanche 10 juillet un communiqué du Conseil des ministres.

« La réalisation de ce programme dans les délais impartis s'avère un impératif de bonne gestion, mais aussi une nécessité urgente pour répondre aux demandes pressantes des familles auxquelles ces constructions sont destinées », a ajouté le texte. Ce programme d'urgence vient s’ajouter aux deux millions de logements déjà prévus.
L'Algérie a prévu un plan quinquennal (2010-2014) d'investissements publics de 286 milliards de dollars destiné notamment à la construction de logements et au développement des infrastructures de base.
Les autorités algériennes avaient annoncé la construction d’un million et demi de logements entre 1999 et 2009 et la réalisation d’un autre million avant l’année 2014, mais la crise de l’habitat est loin d’être résorbée.
Actuellement, quelque 553.000 familles sont installées dans des habitations précaires, dont 50.000 dans des bidonvilles autour de la capitale. Plusieurs mal-logés se sont immolés par le feu ou ont tenté ou menacé de le faire depuis janvier après des émeutes contre le coût de la vie ont fait cinq morts et plus de 800 blessés.
Depuis plusieurs semaines des émeutes ont éclaté dans plusieurs régions du pays suite à la distribution de logements sociaux qui fait l’objet de contestation de la part de la population. Celle-ci se révolte contre le nombre insuffisants de logements octroyés mais également contre les conditions de leur délivrance. Des édifices publics ont été mis à sac par les protestataires.
Face à la multiplications de ces émeutes, le ministre de l'Intérieur avait annoncé que les fauteurs de troubles seront désormais sévèrement sanctionnés.

 

Algerie: une initiative pour l'avenir de l'algérie mais....

Dna-Dernières nouvelles d'AlgerieLe collectif Nabni achève d’élaborer ses 100 propositions pour une «Algérie nouvelle»

Nabni entre un espoire et realite
Regroupés dans un collectif baptisé « Notre Algérie Bâtie sur de Nouvelles Idées » (Nabni), cinquante jeunes algériens ont présenté  samedi 9 juillet à Alger cent propositions pour redresser  l'économie de l'Algérie, développer le pays d'ici à 2012 et « permettre l'émergence d'une Algérie nouvelle ».

Ils sont universitaires, experts, médecins, opérateurs économiques ou simples  fonctionnaires. Certains vivent à l’étranger, d’autres en Algérie. Ils ont l’ambition de donner un contenu concret au changement. Ils se proposent de mettre leur expérience, leur expertise et leur motivation au service du débat public sur des questions qui engagent l’avenir de l’Algérie, loin de toute chapelle politiques ou ambitions personnels.
« Nous n'avons aucun intérêt ou ambition personnelle, nous ne sommes pas un parti politique et ne le deviendrons pas », a indiqué, cité par AFP, Abdelkrim Boudra, un des portes-parole de Nabni et directeur de l’agence de conseil stratégique Keops.
Cette initiative tend, selon ses initiateurs, à « améliorer la vie quotidienne des Algériens, notamment en matière de logement et d'emploi ». Elle a également pour objectif de «restaurer la confiance entre les citoyens et les autorités».
Sur le site de Nabni, les cents propositions sont déjà publiées. Il s’agit, entre autre, de l'exonération de toutes charges sociales et de l'impôt sur le revenu pendant deux ans pour les nouveaux inscrits à la sécurité sociale de moins de 35 ans, la création d'un grand ministère de l'Economie et des Finances par la fusion des cinq ministères économiques actuels et l'adoption d'une série de réformes du système électoral touchant les listes électorales, les votes par procuration, le comptage des votes et la mise en place de sondages.
A raison de deux mesures par semaine jusqu'au 5 juillet 2012, le collectif appelle les autorités algériennes à mettre en œuvre graduellement ces  propositions.
Rendez-vous sera donné à cette date, 50e anniversaire de l'indépendance, pour faire le bilan de l'application de ces 100 mesures et lancer, dans une seconde étape, une nouvelle initiative de réformes sur 2012-2020, « fait de stratégies sectorielles détaillées ».

Algérie: un collectif de jeunes présentent 100 propositions de réformes


Cinquante jeunes Algériens regroupés dans un collectif ont présenté samedi à Alger cent propositions pour redresser   l’économie de l’Algérie, développer le pays d’ici à 2012 et “permettre l’émergence d’une Algérie nouvelle”.  Ils font partie d’un collectif baptisé “Notre Algérie Bâtie sur de   Nouvelles Idées” (Nabni). Ils vivent en Algérie ou à l’étranger et se sont rencontrés sur internet.
“Nous n’avons aucun intérêt ou ambition personnelle, nous ne sommes pas un   parti politique et ne le deviendrons pas”, a déclaré Abdelkrim Boudra, un des   portes-parole de Nabni lors d’une conférence de presse à Alger.     Cette initiative vise à “améliorer la vie quotidienne des Algériens,    notamment en matière de logement et d’emploi”. Il a également pour objectif de   “restaurer la confiance entre les citoyens et les autorités”.
Parmi les propositions du collectif figurent : l’exonération de toutes   charges sociales et de l’impôt sur le revenu pendant deux ans pour les nouveaux   inscrits à la sécurité sociale de moins de 35 ans, la création d’un grand   ministère de l’Economie et des Finances par la fusion des cinq ministères   économiques actuels et l’adoption d’une série de réformes du système électoral   touchant les listes électorales, les votes par procuration, le comptage des   votes et la mise en place de sondages.     Le collectif a appelé les autorités algériennes à mettre en application ces   propositions et suggéré la mise en oeuvre de deux mesures par semaine jusqu’au   cinq juillet 2012.     Les initiateurs de ce projet comptent faire le bilan de l’application de   ces 100 mesures le 5 juillet 2012, à l’occasion du 50e anniversaire de   l’indépendance, et lancer une nouvelle initiative de réformes sur 2012-2020.
Le collectif a été lancé le 13 avril dans la foulée d’une vague de protestations en faveur d’une hausse des salaires et une changement de régime dans le pays. Dans un discours prononcé le 15 avril, le président Abdelaziz Bouteflika   avait annoncé des réformes en réponse à cette vague de protestations qui   avaient secoué l’Algérie dans la foulée des révoltes arabes.

 

Presse: "news of the world" la fin d'un journal

Clap de fin pour 'News of the World'

news of the world closed
Thank you and goodbye" ("Merci et adieu") : tel est le titre qui barre la Une du dernier numéro de l'hebdomadaire dominical britannique News of the World, dont la suppression a été annoncée cette semaine, suite à un scandale d'écoutes téléphoniques.  Cinq millions d'exemplaires ont été imprimés pour l'occasion, soit près du double du chiffre habituel, en prévision d'une demande exceptionnelle pour ce numéro fatalement historique.
Cette ultime édition est l'occasion pour le journal, fondé en 1843, d'ouvrir la boite à souvenirs et de rappeler quelques uns de ses plus grands scoops, souvent sulfureux, qui lui ont valu son succès populaireir ."Après 168 ans, nous finissons par dire adieu avec tristesse, mais aussi beaucoup de fierté à nos 7,5 millions de lecteurs fidèles", peut-on lire dans le journal.
"Nous avons perdu notre chemin", juge cependant un éditorial d'une page entière, en expliquant qu'il "n'y a aucune justification à la peine causée aux victimes" des écoutes, tout en soulignant que le journal faisait partie du paysage britannique, au même titre que le "rôti du repas dominical".
"En ce jour historique, après 8674 éditions, vous allez nous manquer, vous, nos 7,5 millions de lecteurs. Vous avez été notre vie. Nous vous avons fait rire, pleurer, nous vous avons fait décrocher la machoire de stupéfaction, nous vous avons informé, nous vous avons ravi, nous vous avons fait enrager. Vous avez été notre famille, et pendant des années nous avons été la vôtre, vous rendant visite chaque week-end. Merci pour votre soutien. Vous allez nous manquer au-delà de ce que les mots peuvent exprimer", conclut le texte.
Dans les rangs de la rédaction, l'amertume est grande. Les journalistes du tabloïd ont le sentiment d'avoir été sacrifiés sans ménagement pour préserver les intérêts en Grande-Bretagne de Rupert Murdoch et du groupe News Corp, soucieux de ne pas voir cette affaire faire capoter un projet de rachat de la chaîne de télévision à péage BSkyB. En outre, la fermeture de News of the World permettrait à Murdoch de faire des économies tout en compensant la disparition du tabloïd par une parution dominicale du Sun, un autre de ses titres phares.
Mais la fermeture du journal ne met pas au scandale, qui connaitra des suites judiciaires. Le journal est accusé d'avoir piraté depuis 2005 les messageries de milliers de célébrités, de Hugh Grant au prince William, mais également d'une écolière assassinée et de proches de soldats tués en Irak). Il aurait de plus payé des policiers informateurs. Enfin, selon le Guardian, des millions d'e-mails compromettants auraient été détruits tout récemment par News International, la branche britannique de News Corp.
Trois personnes ont été interpellées depuis vendredi matin, en particulier Andy Coulson, l'ancien rédacteur en chef du tabloïd et ex-directeur de la communication du premier ministre David Cameron. M. Coulson a été libéré sous conditions, après une journée de garde à vue, comme les deux autres personnes interpellées.
Pour tenter d'éteindre l'incendie, Rupert Murdoch a décidé de venir en personne. Il est arrivé dimanche à Londres. Dans la voiture qui le conduisait au siège de sa société britannique, Rupert Murdoch est apparu sur des images de télévision lisant le News of the World

Jacques Chirac et l’Afrique quelle relation

Chirac et Bouteflika






Les mémoires africaines de Jacques Chirac

L’ancien président français tire à boulets rouges sur Gbagbo, salue Bouteflika et encense Mandela. Il revient sur les attentats de 1995 en France. Mais il «oublie» Wade et Ouattara, et passe sous silence le soutien donné jusqu’au bout à Mobutu

Jacques Chirac aime l’Afrique. Il le répète à plusieurs reprises dans Le Temps présidentiel, le second tome de ses mémoires, qui couvre ses deux mandats en tant que président de la République française (1995-2007).
Passons rapidement sur les déclarations vertueuses —plus ou moins suivies d’effets concrets— sur l’aide au développement, la lutte contre le sida et les financements innovants. L’ex-président cite abondamment ses anciens discours.
Ses rapports avec certains dirigeants du continent africain sont beaucoup plus intéressants. Si l’ancien chef d’Etat reste souvent dans les généralités, trois figures africaines se détachent néanmoins à la lecture de ses mémoires: Laurent Gbagbo, en négatif, Abdelaziz Bouteflika et surtout Nelson Mandela, en positif.

Laurent Gbagbo, «fauteur de troubles»

Chirac consacre près de six pages à la crise ivoirienne, un de ses principaux dossiers africains —sinon le principal. Il lance tout d’abord une pique à Henri Konan Bédié, héritier politique de Félix Houphouët-Boigny, qui «est loin de s’être montré aussi habile et exigeant que son prédécesseur dans l’exercice du pouvoir et la conduite de son peuple».
En utilisant dans les années 90 le sulfureux concept d’«ivoirité» pour écarter son rival d’alors —et allié d’aujourd’hui— Alassane Ouattara, Bédié porte une lourde responsabilité dans la crise ivoirienne.
Mais Laurent Gbagbo est évidemment la cible préférée de l’ex-président français. Il souligne le«caractère tortueux et manipulateur», qui ne lui a «jamais inspiré confiance», de celui qui est souvent surnommé «le boulanger» pour son habileté à rouler ses adversaires dans la farine.
Le 24 janvier 2003, Chirac reçoit Gbagbo à l’Elysée, à la fin de la conférence de paix de Marcoussis:
«L’homme est, comme toujours, enveloppant de chaleur et de cordialité mais sa franchise ne me paraît pas garantie. "Tout est négociable, sauf le président!", m’a-t-il prévenu au téléphone avant son arrivée».
Mais c’est le 6 novembre 2004 que les relations entre les deux hommes sont au plus bas. Paris et Abidjan sont quasiment dans une situation de guerre: l’aviation ivoirienne bombarde, «prétendument par erreur» précise Chirac, la base française de Bouaké. Bilan: 9 soldats français tués, 37 blessés. 
L’ex-président français «ordonne aussitôt» à la force française Licorne de détruire tous les avions de chasse ivoiriens et de prendre le contrôle de l’aéroport d’Abidjan pour «empêcher toute nouvelle agression du même genre».
Dans la capitale économique ivoirienne, les Jeunes patriotes de Charles Blé Goudé s’en prennent alors aux ressortissants français.
Mais, dans ses mémoires, Chirac n’a pas un mot pour ces 8.000 Français qui sont alors évacués de toute urgence vers la France devant les caméras de télévision. Les images rappellent, toute proportion gardée, le retour forcé des Pieds-Noirs d’Algérie. 
Il passe également sous silence l’épisode tragique de l’hôtel Ivoire d’Abidjan: des militaires français encerclés par les patriotes tirent sur la foule, faisant plusieurs morts. Ces images ont fait le tour du monde.
«Dès lors, je ne verrai plus d’autre issue au drame ivoirien que le départ du principal fauteur de troubles». Mais Laurent Gbagbo restera encore sept ans au pouvoir…
A noter enfin que l’ancien chef d’Etat français ne mentionne pas Alassane Ouattara, qui a pourtant succédé à Gbagbo après avoir remporté la présidentielle de novembre 2010 et gagné la «bataille d’Abidjan».

Bouteflika «habile et pragmatique»

Si la crise ivoirienne fut douloureuse pour Chirac, il consacre six pages très positives à l’Algérie d’Abdelaziz Bouteflika, dont «l’œuvre de concorde civile» a été «salutaire» après une longue guerre civile (1991-2002).
«Charmeur, habile et pragmatique», Bouteflika, élu en 1999, était selon lui «porteur d’un souffle nouveau pour l’Algérie et d’une plus grande exigence démocratique»«L’Algérie avait rarement connu dirigeant aussi ouvert et désireux de bien faire» et «nous nous sommes spontanément très bien entendus».
Chirac effectue en mars 2003 la première visite d’Etat d’un président français en Algérie depuis l’indépendance. Il décrit longuement l’accueil reçu par «près d’un million de personnes» à Alger venus scander son «nom avec une ferveur et un enthousiasme bouleversants».
Mais le traité d’amitié entre les deux pays ne sera pas signé. Alger exige que Paris reconnaisse sa culpabilité durant la période coloniale. Chirac ne l’a «naturellement pas accepté». Tout comme, il n’est pas «davantage question de célébrer le bilan positif» de l’héritage colonial.
L’ex-président français reste pourtant philosophe:
«l’amitié franco-algérienne se passerait donc de traité. Ce qui est peut-être pour elle la meilleure façon de se poursuivre».
Les attentats de juillet 1995 en plein cœur de Paris sont considérés comme les premières attaques islamistes dans l’hexagone. Ils sont attribués au groupe algérien GIA.
L’ex-président revient sur ces douloureux événements, qui ont marqué le début de son septennat:
«bien qu’ils fussent revendiqués par les groupes islamistes, l’implication de la Sécurité militaire algérienne était aussi parfois évoquée. […] Alger, qui accusait Paris d’ingérence quand nous appelions son régime à plus de démocratie, s’irritait dans le même temps de notre refus de prendre parti dans la tragédie qui se jouait sur son sol», rappelle-t-il.
Quelques jours plus tôt, le 11 juillet 1995, le Cheikh Sahraoui, cofondateur du Front islamique du salut (FIS), était assassiné à Paris.
Chirac souligne que les «véritables commanditaires» ne sont pas identifiés. Est-ce l’«œuvre du GIA»«Ou celle de la Sécurité militaire [algérienne], à l’heure où les tentatives de reprise du dialogue entre le FIS et le gouvernement sont loin de faire l’unanimité dans les rangs de l’armée algérienne? La première piste paraît la plus probable», écrit l’ancien chef de l’Etat français.
Avant de poursuivre:
«Mais il est difficile d’évacuer la seconde, dans la mesure où les groupes armés sont souvent infiltrés et manipulés par cette même Sécurité militaire afin de discréditer les islamistes aux yeux de la population et de la communauté internationale».

Mandela, «justice et tolérance»

Chirac consacre de nombreuses pages à Nelson Mandela, icône de la lutte anti-apartheid, «symbole universel de vérité, de justice et de tolérance». L’ex-dirigeant sud-africain est devenu un mythe, lui rendre hommage est un passage obligé de tout homme politique.
Soulignons toutefois que Jacques Chirac affirme s’être engagé «en sa faveur au début des années 70 en participant au financement» de l’ANC «à la demande du roi du Maroc»«Hassan II avait constitué un réseau à cet effet, auquel j’apportais discrètement mon aide personnelle», assure-t-il.

Mohammed VI, l’ami

L’ex-président français consacre quelques lignes au roi du Maroc qui «sait, comme son père, pouvoir compter en toutes circonstances sur mon amitié».
Il l’«encourage» à poursuivre l’ouverture politique en direction des islamistes modérés,«réponse la plus efficace […] aux fondamentalistes et la meilleure façon de préserver la stabilité du Maroc. La monarchie en reste le seul garant à nos yeux».

Wade oublié

Le président sénégalais est brièvement cité dans l’ouvrage, mais Chirac s’abstient de tout commentaire, positif comme négatif.
L’ex-président français a apparemment d’autres références sur le continent:
«en quelques décennies, écrit-il, grâce à quelques hommes d’exception comme Léopold Sédar Senghor, Abdou Diouf et Nelson Mandela, le continent africain a fourni au reste du monde des exemple admirables de courage, de sagesse et de dignité».
Il cite deux présidents sénégalais sur trois —le troisième (Wade) appréciera…
Rappelons toutefois que Chirac n’avait pas fait le déplacement à Dakar pour assister aux obsèques deSenghor, le 29 décembre 2001. Une absence très remarquée au Sénégal.

Mobutu passé sous silence

Jacques Chirac passe complètement sous silence le soutien de Paris au maréchal Mobutu, renversé en 1997 par Laurent-Désiré Kabila, activement soutenu par le Rwanda et l’Ouganda, lors d’une guerre aux fortes implications régionales, souvent qualifiée par les observateurs de «Première Guerre mondiale africaine». Dommage pour l’Histoire.
Pas un mot non plus sur Jacques Foccart, le «Monsieur Afrique» des présidents de droite sous la Ve République, et qui avait repris du service sous Chirac. Il est décédé en 1997, en pleine offensive des troupes de Kabila sur Kinshasa.
Oublié également le président gabonais Omar Bongo, qui connaissait si bien les arcanes de la vie politique française. 
Il est vrai que le deuxième tome des mémoires de Jacques Chirac ne fait que 607 pages…