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mercredi 10 août 2011

Algérie:Alors que le débat se concentre sur les bons du Trésor américain



Le mystère reste entier sur le sort de nos réserves de change
Où est placé l’argent de l’Algérie ? Depuis quelques jours, suite à la dégradation de la note souveraine des États‑Unis par l’agence de notation S&P, le débat en Algérie se concentre sur les placements algériens en bons du Trésor américain. Mais malgré les critiques et les inquiétudes concernant les avoirs algériens placés dans ce type de produits, le gouvernement et la Banque d’Algérie continuent d’observer le silence.

Pourtant, les experts sont unanimes : les bons du Trésor, malgré une dégradation de la note de la dette américaine, ne sont pas risqués. Certes, ces placements sont réalisés à perte, vu que les taux d’intérêts sont inférieurs à l’inflation. Cependant, cette situation n’est pas nouvelle. Cela fait plusieurs mois que le rendement réel des bons américains est négatif. Mais les sommes placées par l’Algérie seront intégralement récupérées à l’échéance des emprunts.

Pourquoi donc le gouvernement observe‑t‑il un silence inexpliqué alors que la situation semble lui être favorable ? En réalité, la situation  pourrait être beaucoup plus inquiétante. Selon un document du Trésor américain, à la fin mai 2011, l’ensemble des avoirs de quinze pays pétroliers placés en bons du Trésor américain s’élevait à seulement  229,8 milliards de dollars. Ces pays sont l’Algérie, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, la Libye, le Qatar, l’Irak, Oman, le Koweït, l’Iraq, l’Iran, Bahreïn, le Venezuela, l’Équateur, le Nigéria et le Gabon. La part de chaque pays n’a pas été précisée dans le document. Mais au mieux, elle s’élèverait à quelques dizaines de milliards de dollars. On peut donc en déduire que l’Algérie n’a pas pu placer plus d’un tiers de ses 173,6 milliards de dollars de réserves de change en bons du Trésor, soit environ 50 à 60 milliards de dollars dans le meilleur des cas.


D’importantes sommes placées dans des banques étrangères ?

Où se trouvent alors plus de 100 milliards de dollars qui constituent la différence entre les réserves de change et le montant placé en bons du Trésor américain ? Contrairement à des pays comme le Qatar ou les Émirats arabes unis, l’Algérie ne possède pas de fonds souverain. Elle n’a donc pas investi sur les marchés actions. Karim Djoudi, ministre des Finances, l’a d’ailleurs répété à plusieurs reprises : le marché actions est jugé trop risqué pour y placer une partie des réserves de change du pays. L’Algérie n’a pas non plus procédé à l’achat d’or pour renforcer ses réserves.

Selon des experts interrogés par TSA, il reste une dernière hypothèse : une bonne partie de nos réserves de change est placée dans des banques et des fonds d’investissements. Une opacité totale entoure ces placements et leur gestion. On sait seulement, par exemple, que Sonatrach a placé au moins deux milliards de dollars dans le fonds d’investissements américain Russel via la société Rayan Investment.

Or, les placements dans les banques et les fonds d’investissements sont nettement plus risqués que les bons du Trésor. Ces sommes sont en effet souvent investies par ces établissements dans des produits boursiers ou dans l’immobilier, des produits très sensibles aux effets des crises économiques.

Sans compter les risques liés à de probables faillites des banques et des fonds d’investissements dans lesquels ces sommes sont investies.  Les banques restent fragiles après les crises de ces dernières années. Après la dernière crise, plusieurs grandes banques internationales ont été sauvées de justesse grâce à l’intervention des États. Mais ces États, eux‑mêmes lourdement endettés, n’ont plus les moyens de voler à leurs secours.

mardi 9 août 2011

Algérie:Bons du Trésor américain


Incertitudes sur les placements de l’Algérie


Selon l’analyse boursière que nous a livrée Noureddine Legheliel, analyste auprès de la banque suédoise Carnegie, les bons du Trésor ont même pris très légèrement de la valeur en augmentant de 0,37 point, tandis que les intérêts sont passés de 2,56% vendredi à 2,49% aujourd’hui.

Les Credit Default Swap (CDS), principal indicateur de solvabilité, se sont, de leur côté, stabilisés. Quant à la monnaie américaine, elle semble plutôt bien résister face à l’euro. Le krach des titres obligataires n’a donc pas eu lieu. Cela n’empêche pas l’analyste boursier de lever certaines ambiguïtés à propos de tout ce qui se dit actuellement sur la gestion des réserves de changes.
Les inquiétudes autour d’une éventuelle dévalorisation des placements de l’Algérie à cause d’un glissement du dollar ont d’ailleurs été balayées par le financier, qui a insisté sur le fait que les bons du Trésor acquis depuis 5 ans ont pris 20% de valeur. Ce qui couvre, selon ce spécialiste, largement la perte de change du dollar. Il ajoute qu’il ne faut pas trop se laisser impressionner par les prévisions alarmistes de la presse financière internationale sur la base desquelles «nos économistes évoquent la perte de la valeur de nos placements».
Néanmoins, l’économiste auprès de la Banque mondiale M’hamed Hamidouche ne partage pas totalement cet optimisme. S’il confirme que les titres acquis depuis 2008 ont pris de la valeur, les T-Bonds acquis au début des années 2000 ont subi des pertes du fait de la crise économique mondiale. Il estime également qu’il ne faut pas s’attarder sur les évolutions ponctuelles des cours mais les suivre dans leur globalité, sur une longue période. L’expert auprès de la BM préconise de s’intéresser à «la nature exacte» des placements sur laquelle la Banque d’Algérie entretien le secret le plus absolu. M. Hamidouche fait remarquer dans ce sens qu’il y a différents bons du Trésor.
Ainsi, dans le segment des obligations à coupon zéro qui ouvre droit à une rémunération annuelle en plus de la récupération du capital à échéance, il faut différencier entre les placements à court terme et ceux à moyen et long terme. Il explique ainsi que les placements à court terme sont sujets à de fortes spéculations, contrairement à ceux à moyen et long terme. L’économiste explique aussi que le problème qui se pose avec les bons du Trésor américain est que leur rémunération dépend des conditions du marché. Ainsi, le taux d’intérêt sur les obligations émises en 2001-2002 est passé de 3,5% à 0,75% aujourd’hui, en dessous du taux d’inflation. Ce qui est considéré comme un rendement négatif. Quant à la possibilité de perdre ses réserves de changes, M. Hamidouche minimise le risque, sans toutefois l’exclure.
La Banque d’Algérie entretient l’opacité
M. Hamidouche explique que si la Banque d’Algérie garde les titres qu’elle a acquis jusqu’au terme de l’emprunt, elle pourra récupérer son capital, ce qui semble être le cas aujourd’hui puisque l’Algérie dispose d’immenses liquidités. Cependant, si jamais le pays était confronté à un problème de liquidités et qu’il soit contraint de vendre les bons du Trésor qu’il détient avant terme aux conditions du marché, il expose les réserves de changes au risque de dévaluation. Et c’est là que l’expert interpelle la Banque d’Algérie et l’exhorte à s’expliquer sur de nombreux aspects liés à la nature des placements. Il s’agit en premier lieu de s’interroger à propos de la sensibilité des titres acquis, sachant qu’à une sensibilité de 5%, un titre obligataire perd 5 points de sa valeur sur le marché à chaque fois que le taux d’intérêt augmente d’un point.
L’expert évoque la durabilité, laquelle reflète le délai de retour sur l’investissement des placements effectués. Enfin, M. Hamidouche s’interroge si la Banque d’Algérie a pensé à une stratégie d’immunisation lors de l’achat des obligations. L’opacité entretenue par la Banque d’Algérie autour de toutes les questions qui concernent la gestion des réserves de changes dérange au plus haut point l’économiste.
Il a d’ailleurs considéré que le meilleur modèle de gestion des réserves est celui de la Norvège, lequel se caractérise par sa transparence. Le fonds souverain norvégien est doté d’un comité d’investissement représentant les élus pour prendre les décisions stratégiques. Il publie un rapport annuel pour rendre compte de toutes les opérations engagées et de leur rendement et transmet un compte rendu trimestriel au Parlement.
Cette opacité est également vivement critiquée par Abderrahmane Mebtoul, qui estime que le silence de la Banque d’Algérie alimente bon nombre de supputations. Il rappelle ainsi que si certaines sources donnent la structure des réserves à 45% en dollars, 45% en euros, 5% en yens et 5% en livres sterling, d’autres les donnent à 80% en dollars. Cela a contribué à créer la confusion autour du montant des réserves de changes. Ainsi, quand certaines analyses les estiment à 173,63 milliards de dollars, le bulletin de la Banque d’Algérie pour le mois de juillet donne un différentiel de 13 milliards de dollars sans les réserves en or et de 10,8 milliards de dollars en incluant les réserves en or, estimées 173,6 tonnes.
Les principaux acteurs de la question se sont d’ailleurs écartés eux-mêmes du débat. Du côté de la Banque d’Algérie, on nous répond stoïquement qu’on suit l’évolution de la situation et que si la Banque centrale voit qu’il faut intervenir, elle interviendra. Une affirmation plutôt laconique au vu des enjeux en place. D’ailleurs, le gouverneur de la Banque d’Algérie se refuse à tout commentaire. Une réticence à s’exprimer en tant que premier responsable de l’autorité monétaire qui ne reflète, malheureusement, que la soumission de l’institution financière au bon vouloir du discours politique.
Tandis que le monde entier multiplie les réunions d’urgence pour faire face à la crise, au ministère des Finances, on nous rappelle bien poliment que le ministre est très occupé à suivre les auditions ramadhanesques à El Mouradia. A méditer…

Algérie:Création d’un million d’emploi en six mois



Pourquoi les chiffres du gouvernement sont peu crédibles
Les chiffres annoncés, lundi 8 août, par le gouvernement en matière de création d’emplois sont‑ils crédibles ? Selon un bilan des réalisations économiques et sociales en Algérie, 1,09 million d’emplois ont été créés durant les six premiers mois de l’année 2011. Ce chiffre pose un premier problème : en janvier 2010, l’Office national des statistiques (ONS) dévoilait les résultats d’une enquête sur le chômage en Algérie. Selon les données du CNIS, le taux de chômage était de 10,2 %, soit 1,072 million de chômeurs sur une population active de 10,5 millions de personnes. Un chiffre validé en janvier 2011 par le FMI (lire). Cela voudrait dire que le taux de chômage en Algérie avoisine 0%.

Dans ce contexte, ou les chiffres du CNIS sont faux, ou les données publiées aujourd’hui par le gouvernement sont erronées. Des experts et des chômeurs interrogés par TSA penchent pour la seconde hypothèse. « Avec 1,09 million d’emplois créés en six mois, l’Algérie a créé environ 170 000 emplois par mois. Peu d’économies sont capables d’un tel exploit », explique un économiste qui a requis l’anonymat. « En Algérie, il n'y a pas de statistiques fiables et cela résume tout. Chaque institution a ses propres statistiques », souligne pour sa par le politologue Rachid Tlemçani.

« Pour l'instant, je ne connais pas de nombreuses personnes dans mon entourage qui ont été recrutées. Pour moi c'est un chiffre irréaliste économiquement parlant », indique pour sa part Samir Larabi, porte‑parole du Comité national de la défense des droits des chômeurs. Ce membre fondateur de l'organisation, dont l'une des plus importante revendications est la possibilité pour chaque citoyen d'avoir un poste digne, ajoute sceptique : « la majorité des emplois qui auraient pu être créés sont précaires. C'est le cas des gens qu'on connaît dont certains font partie du comité. Ils ont tous été embauchés dans le cadre de certains dispositifs de pré‑emploi, dont celui d'aide et d'insertion professionnelle (DAIP). Et cela ne règle en rien leur situation ».

Pour cet ancien député qui a requis l’anonymat, « le démarrage effectif du plan quinquennal n'a pas encore eu lieu. Tout est en étude et en projection, il y a du retard. Ils ne veulent pas faire les mêmes erreurs du passé. Et encore, les programmes précédents sont en cours de réception, donc il y aura une destruction de postes d'emploi. Il y a aussi le contexte (grève, rassemblement, marche) qui n'était pas du tout favorable à la création d'emploi ».

L’autre interrogation que suscite la publication des chiffres du gouvernement concerne les actions de recrutement. Recruter un million de personnes en six mois ne passe pas inaperçu à la fois parmi les chômeurs et au sein des entreprises et des administrations qui ont accueilli les nouveaux collaborateurs. Certes, au début de l’année, après les émeutes de janvier, le gouvernement avait demandé aux entreprises publiques et aux administrations de recruter massivement. Mais dans les journaux, les offres d’emplois sont restées rares. Tout comme les concours de recrutement de la fonction publique.

Les entreprises publiques et les administrations qui ont géré depuis le début de l’année de nombreux conflits sociaux ont‑elles les capacités d’absorber un tel nombre de recrutements en si peu de temps ? Qui a mené les entretiens d’embauche ? Qui a géré les concours dans la fonction publique ? Comment les chômeurs recrutés ont‑ils été contactés ou ont‑ils postulé ? Autant d’interrogations qui rendent les chiffres du gouvernement peu crédibles.


lundi 8 août 2011

Algérie:Interview du Pr Abderrahmane Mebtoul, président de l’ADEM


La crise financière internationale et son impact sur l’ Algérie.

 

Algerie-Focus.com : Quelles sont Les causes de la dégradation de la dette souveraine américaine par la Standards & Poor’s ?
Pr Abderrahmane Mebtoul* : Pour la première fois de l’histoire des Etats-Unis, la Standard & Poor’s dégrade, le 05 aout 2011, la dette souveraine américaine de son triple AAA à AA. C’est que les thérapeutiques conjoncturelles européennes de juillet dernier et américaines du début août 2011 ne s’étaient pas attaqué à l’essence du mal qui ronge le corps social mondial, soit la suprématie de la sphère financière sur la sphère économique réelle, aisni que la distorsion entre les profits spéculatifs dominants et les salaires en baisse. Il fallait donc s’attendre à des turbulences cycliques au niveau des bourses mondiales comme cela est le cas en ce mois d ‘août 2011a vec des tensions plus fortes pour les années à venir.
L’envolée de la dette publique occidentale depuis fin 2010 explique les tensions budgétaires actuelles tant aux USA qu’en Europe mais également en Chine, c’est à dire au niveau des trois espaces économiques les plus puissants du monde. En effet, Selon les statistiques du FMI en 2010 le PIB mondial est évalué à 61 963 milliards de dollars US et selon la FED américaine la dette publique US dépasse les 14. 294 milliards de dollars, soit 97% du PIB pour une population estimée à 310 millions.
Selon Eurostat, la dette publique de l’ensemble de la communauté économique européenne des 27, représente 80% du PIB, soit 12.885 milliards de dollars pour une population d’environ 500 millions. Les USA et l’Europe, qui représentent 12% de la population mondiale, concentrent 27136 de milliards de dollars de dettes publiques, soit 45% du PIB mondial. Cela démontre une concentration excessive du PIB près de 50% pour une population ne dépassant pas 900 millions d’habitants, alors que la planète approche 7 milliards d’habitants. Car pour la Chine, pourtant deuxième puissance économique mondiale depuis 2010, le PIB totalise seulement 5.745 milliards de dollars soit 9,5% du PIB mondial; pour une population de 1,33 milliard d’habitants. La Chine qui a placé une grande partie de ses réserves de change aux USA (environ 30%, sur plus de 3400 milliards de dollars de ses réserves de change), connait une explosion de sa dette publique et un retour à l’inflation.
Concernant l’Europe, en attendant l’opérationnalité du fonds de stabilisation, le président de la BCE a proposé, pour la première fois le 08 aout 2011, de racheter les obligations de la dette italienne et espagnole après avoir avalisé celle de la grecque démontant ainsi leurs dégradations réelles.
Faut–il s’inquiéter de la dégradation de la dette américaine ?
Effectivement, il faut s’inquiéter de la dégradation de la note américaine mais comme me l’a confirmé un ami algérine Trader entre Londres, New York et Hong Kong, il s‘agit d’éviter la sinistrose car si la Standard & Poor’s a dégradé la note américaine, après l’agence chinoise, elle n’a pas pour l’instant été suivie par des agences aussi importantes que Fitch Rating et Moodys. Selon mon ami, actionnaire et conseiller financier dans des bons de trésor américains aux USA, à Londres et à Kong Kong, cette perspective historique sur les défauts de paiement et le “debt ceiling” nous renvoie à l’histoire financière, la marché ayant été augmenté 10 fois dans les dernières années sans pour autant créer cette folie que l’on observe en ce mois d’août. Si on compare le Portugal et les USA les indicateurs quasi identiques. Pour le Portugal le total debt est de 87% of GDP, les USA sont à 99% of GDP. Le déficit public portugais est 8.6% of GDP et celui US est 8.9% of GDP. Si on regarde l’histoire des dettes souveraines, la Grande Bretagne par exemple a survécu à la 2 Guerre mondiale avec une dette de 240% of GDP et il n’y a pas eu de défaut de paiement. La Russie a fait défaut en 1998 avec seulement 12.5% debt to GDP. Le Japon a le taux le plus élevée dans le monde occidental avec 200% debt to GDP ratio et malgré cela il continue à emprunter sur les marchés avec des taux d’intérêt presque nul.
Il y a risque de dépréciation de leurs valeurs en cas de non résolution structurelle de l’endettement des Etats selon plusieurs spécialistes t traders que j’ai consultés. le 7 août, les chinois ont déclaré officiellement après la dégradation de la note américaine et ce pour le court terme, (le montant selon eux devant être plus important à moyen terme), que la dépréciation est estimée à 15 milliards de dollars pour des placements de 1150 milliards de dollars en bons de trésor américains (30% de leurs réserves de change), les Japonais eux parlent 10 milliards de dollars US pour un total de placement de 1000 milliards de dollars.

Quels impacts pourrait avoir cette crise sur l’économie algérienne ?
L’Algérie ne risque rien pour le stock garanti par les Etats déposé dans les banques centrales mais se pose la question de la dépréciation sur les marchés libres en cas de revente avant terme de leurs rendements et la partie placée dans des banques privées dites AAA qui ont été décotées depuis.
Pour l’Algérie il s‘agit d’analyser les rendements, de voir si les placements l’ont été à court terme ou à moyen terme, notre Ministre des Finances ayant affirmé devant l’APN que 80% de nos réserves de change sont placées à l’étranger. Elles sont passées de 33,42 milliards de dollars en 2004, à 78,00 en 2007, puis à 143,50 , 150,100 en 2010 et enfin à 162 en juillet 2011 selon les données officielles du FMI et de la banque d’Algérie en ma possessionau, et ce y compris pour les réserves d’or, démentant ainsi les informations colportées par une certaine presse et sites d’infromation. En effet, ces derniers avancent le chiffre de 173 milliards de dollars de réserves de change dont 50 milliards de dollars en bons de trésor américains, le reste étant déposé dans les banques centrales occidentales et asiatiques et une fraction infime dans les banques internationales cotées, dites AAA.
Il faut également tenir compte des taux directeurs de la FED qui varient ente 0-0,25%, ce relèvement de la BCE (1,5% depuis avril 2011), ceux de la banque d’Angleterre (0,5%) ainsi que celui du Japon qui tend vers zéro.
La hausse prévisible des taux d’intérêts avec le risque d’un ralentissement des investissements porteurs à maturation lentes, combinée avec la dépréciation du dollar, (98 % des exportations algériennes sont en dollars et 60% des importations en euros selon mes informations) permettra t-elle de contrebalancer cette baisse ?
Cette hausse des taux d’intérêts entrainera une poussée inflationniste. Pour l’Algérie qui importe 75% de ses besoins (entreprises et ménages selon les statistiques douanières) cela signifie également la hausse de la facture des importations. Il faudrait dresser donc une balance devises à partir de différents scenarios et entamer un débat serein sur les options d’utilisation des réserves de change pour éviter des rumeurs dévastatrices nuisibles à l’Algérie. Car la monnaie est avant tout un rapport social, un rapport de confiance entre l’Etat et les citoyens. Ce qui explique l’envolée des prix des valeurs refuges où le prix de l’once d’or est passé en moyenne annuelle de 300 dollars en 2001, 400 dollars en 2004, 600 dollars en 2005, à 800/1000 dollars en 2008/2009. Entre juillet et août 2011, avec la crise grecque dans la zone euro et la crise de l’endettement américain, l’or a franchi la barre des 1.600 dollars l’once (1662,75 dollars l’once plus exactement, le 08 aout 2011) avec un cours 1 euro=1,42 dollar.
Que doit faire ?
Il faut lancer un vrai débat qui permettrait de dépasser cette crise financière et de relancer la sphère réelle au niveau mondial car du fait de l’interdépendance des économies, l’accentuation de la crise, surtout de la première puissance économique mondiale, ne peut être que planétaire. Il s‘agit de repenser le fonctionnement du système économique mondial par une nouvelle gouvernance mondiale. L’émergence d’une économie et d’une société mondialisées et la fin de la guerre froide depuis la désintégration de l’empire soviétique, remettent en cause la capacité des États-nations à faire face à ces bouleversements.
Les gouvernements à travers les États-Nations – et la crise actuelle en est la démonstration- sont désormais dans l’impossibilité de remplir leurs missions du fait de la complexification des sociétés modernes, de l’apparition de sous-systèmes fragmentés, de l’incertitude liée à l’avenir et de la crise de la représentation politique.
En l’absence d’institutions internationales réformées tenant compte des nouvelles mutations mondiales et notamment des pays émergents, capables de prendre le relais de la souveraineté étatique défaillante, le risque est que le seul régulateur social demeure les forces du marché à l’origine d’ailleurs de la crise mondiale actuelle. Aussi s’agit-il de prendre au sérieux ces turbulences en prenant des décisions d’ordre structurelles au risque d’un krach mondial pire que celui de 1929. Faute d’une remise en ordre énergique des finances publiques notamment aux USA et en Europe, il y a un fort risque d’aggravation de l’économie mondiale.
Pour le cas Algérie, le vrai débat doit porter sur une transition d’une économie de rente à une économie hors hydrocarbures dans le cadre des valeurs internationales renvoyant à l’approfondissement de la réforme globale. L’Algérie dans le cadre d’une intégration magrébine qui est une nécessité historique et économique, par une libéralisation maitrisée, le renouveau de la gouvernance, la valorisation de la ressource humaine, richesse bien plus importante que toutes les ressources en hydrocarbures, grâce à l’Etat régulateur stratégique et un dialogue soutenu, privilégiant uniquement les intérêts supérieurs du pays, entre les différentes forces politiques, sociales et économiques, a d’importantes potentialités pour devenir un vecteur actif au niveau de l’espace euroméditerranéen et arabo –africain, son espace social naturel.
Interview réalisé par Algerie-Focuc.Com

samedi 6 août 2011

Syrie: les développements en vidéos















Algerie:Camille Sari. Expert international et docteur en sciences économiques (option monnaie-finance-banque)



«Une crise en Europe pourrait faire rechuter le pétrole à 36 dollars le baril»



-Les perspectives de l’économie mondiale sont des plus inquiétantes ; une crainte est suscitée notamment par la crise de la dette de certains pays de la zone euro, dont l’Italie et l’Espagne. Quelle lecture faites-vous déjà de ce nouvel incendie qui se déclare en Europe, après celui des USA qui s’était matérialisé par une crise de la dette ?
Il faut, à mon avis, faire une bonne lecture des choses. Ce matin, les Bourses asiatiques se sont effondrées, tandis que leurs homologues européennes ont marqué une chute dépassant -3%. Les spéculateurs et les opérateurs sur les marchés ont commis une erreur, celle d’avoir sur-réagi par rapport aux événements, ce qui explique l’effondrement des marchés financiers. En réalité, la croissance mondiale n’est pas mauvaise, mais elle n’est pas non plus extraordinaire. Cette situation devrait nous éloigner, normalement, d’une situation de crise financière, mais les marchés sur-réagissent par rapport aux événements et aux informations. Il y a eu une espèce de panique dans laquelle se sont embourbés les marchés.
L’information qui a fait chuter les Bourses a été le discours de Jean-Claude Trichet, le gouverneur de la Banque centrale européenne (BCE). Il a commis deux erreurs importantes. La première est qu’il n’a pas rassuré les marchés quant aux rachats des dettes publiques des Etats. M. Trichet aurait pu annoncer explicitement et clairement que la BCE allait acheter ces dettes et les obligations des Etats qui sont en difficulté. Il avait parlé brièvement du rachat par la BCE de la dette de l’Irlande et de celle du Portugal, mais il n’a soufflé mot de celles de l’Espagne et de l’Italie.
Les opérateurs sur les marchés boursiers considéraient, eux, que les dettes de l’Irlande et du Portugal ne sont pas pesantes, contrairement à celles de l’Espagne et de l’Italie qui représentent plutôt le gros morceau. J.-C. Trichet aurait dû dire que la BCE allait acheter toutes les dettes publiques ; il ne l’a pas dit car il était depuis toujours foncièrement opposé à cette solution. Durant les crises précédentes, il était obligé de recourir à cette solution d’où la fameuse expression «Trichet a avalé son chapeau». La seconde erreur commise par J.-C. Trichet est que ce dernier avait également évoqué dans son discours le problème de l’inflation, alors qu’il ne se pose pas à l’heure actuelle comme un vrai casse-tête à résoudre.
Les marchés financiers ont anticipé sur le risque inflationniste évoqué par M. Trichet afin d’augmenter les taux d’intérêt. Cela conduirait au recul des investissements et à une éventuelle récession si ce scénario venait à se mettre en branle. En un mot, la crise qu’ont vécue les marchés hier est en relation avec la sur-réaction qui a suivi les informations, la panique et le comportement des spéculateurs qui parient sur la dette des Etats et investissent dans les ventes à découvert.   
-Y a-t-il risque de contagion à d’autres pays endettés de la zone euro, voire même de ses partenaires ? Y a-t-il un nouveau risque de récession en Europe ?
En France, on prévoit un taux de croissance à 2% et 1,75% en Europe globalement. Si les choses se passent suivant les prévisions préalablement établies, nous n’aurons pas de récession mais nous aurons plutôt un taux de croissance autour de 0% (0,20% en Italie et en Espagne à titre d’exemple). Mais si l’un des Etats fait faillite pour défaut de remboursement de ses obligations – comme c’est le cas de la Grèce – la situation peut s’aggraver.
L’autre risque est lié au mauvais rôle que jouent les agences de notation. Si elles continuent à faire chuter la note des Etats, ceux-ci auront du mal à emprunter sur les marchés financiers et c’est à ce moment-là que le spectre du scénario catastrophe se profilera : celui d’un Etat en faillite face au refus des banques à prêter aux Etats en difficulté. Cependant, d’après les indicateurs dont nous disposons actuellement, le scénario de récession n’est pas encore envisageable, mais il y a plutôt le risque de voir un Etat faire faillite suite à un taux d’endettement très élevé dont souffrent plusieurs pays de la zone euro. Il faut, à mon avis, qu’il y ait un fonds monétaire européen qui globalise la dette et emprunte sur les marchés pour re-prêter aux Etats. Mais un problème politique se pose avec acuité : les Allemands ne sont pas prêts à donner un chèque en blanc aux Etats méditerranéens qui ne travaillent pas assez et à encourager les autres Etats à faire dans le laxisme.
L’Union européenne est le principal partenaire commercial de l’Algérie. Nous exportons essentiellement du gaz vers la zone euro et nous importons l’essentiel de nos besoins. Quel serait le risque sur l’Algérie si cette récession économique venait à se confirmer ?
Si réellement le scénario d’une crise économique dans la zone euro venait à se concrétiser, le prix du pétrole va inévitablement s’effondrer. Rappelez-vous qu’en décembre 2008, il était descendu de 150 dollars à 36 dollars le baril. Les recettes pétrolières se sont alors effondrées et le budget de l’Etat a été mis à rude épreuve. J’avais dit que dans le prix du pétrole, il n’y a pas que l’offre et la demande à prendre en compte, mais il y a aussi le facteur spéculatif qui est très pesant.
S’il devait y avoir une crise économique grave, nous aurons certainement le même scénario qu’en 2008 et l’hypothèse de voir les prix du pétrole rechuter à nouveau à 36 dollars le baril n’est pas à écarter. L’Algérie sera donc touchée uniquement par ce canal, tandis que le Maroc pourrait être touché plus sévèrement puisqu’il exporte des produits agricoles et table sur les recettes du tourisme, un secteur en étroite relation avec le niveau de la consommation et le pouvoir d’achat.

Entretien avec Kamel Benkoussa, trader en obligations d'Etat
La crise de la dette américaine et son impact sur l’Algérie

Algérie: L’agence S&P dégrade la note souveraine des Etats-Unis



Quelles conséquences pour l’économie algérienne et les avoirs placés à l’étranger ?
L'agence de notation Standard & Poor's (S&P) a annoncé, dans la soirée de vendredi 5 août, avoir dégradé la note souveraine des États‑Unis à AA+. Les Américains sont privés de leur note AAA (la meilleure) pour la première fois de leur histoire. S&P a justifié sa décision par le déficit public croissant et le poids de la dette américaine. « L'abaissement (de la note) traduit notre opinion que le plan de consolidation budgétaire, que le Congrès et l'administration (Obama) ont récemment approuvé, ne répond pas à ce qui, de notre point de vue, serait nécessaire pour stabiliser la dynamique à moyen terme de la dette », indique l'agence dans un communiqué.

Pour l’Algérie, qui a investi massivement en bons du Trésor américain – en 2007, l’Algérie était le huitième investisseur étranger aux États‑Unis, selon des chiffres publiés à l’époque par Peterson Institute for International Economis –  et détient la quasi‑totalité de ses réserves de change en dollars, il s’agit d’une mauvaise nouvelle. La première conséquence de la décision de S&P devrait se faire ressentir sur le dollar dès la semaine prochaine.
La monnaie américaine, qui a déjà perdu ces derniers mois beaucoup de terrain face aux principales devises européennes (euro, franc suisse, livre sterling) et asiatiques, devrait pâtir de la décision de S&P. Pour l’Algérie, qui vend en dollars et achète essentiellement en euros, cela signifie une dégradation de son pouvoir d’achat, déjà malmené depuis quelques années. Les importations vont coûter plus cher. Leur facture, déjà très élevée, pourrait exploser dans les prochains mois. L’État sera également dans l’obligation d’augmenter l’enveloppe réservée aux subventions des produits de première nécessité surtout dans un contexte social tendu. Et la perspective d’un ralentissement économique mondial qui se dessine à l’horizon n’est pas faite pour arranger les affaires de l’Algérie. Ce ralentissement pourrait en effet avoir des conséquences à la baisse sur les prix du baril de pétrole, principale source de revenus en devises du pays.
La dévaluation de la valeur du dinar pourrait se produire de nouveau. Le dinar est une monnaie presque arrimée au dollar, vu que les revenus en devises du pays sont issus à 97 % des hydrocarbures. Aujourd’hui, l’écart entre la valeur de la monnaie nationale par rapport à l’euro entre le marché parallèle et le cours officiel de la Banque d’Algérie est supérieur à 40 %.  
L’autre conséquence concerne les avoirs algériens placés en bons du Trésor américain. La décision  de l’agence S&P aura en effet pour première conséquence d’augmenter le coût des emprunts américains devenus de qualité inférieure. Autrement dit, la valeur des bons du Trésor va baisser mais leur rendement va augmenter. Pour l’instant, cette évolution n’est pas catastrophique pour l’Algérie, dans la mesure où elle n'a pas l'intention de vendre ses bons, ce qu'elle n'a pas intérêt à faire bien sûr dans ce contexte. D’ailleurs, le Japon a par exemple affirmé samedi que sa confiance dans les bons du Trésor américain et sa stratégie d'achats de ces bons restent inchangées en dépit de l'abaissement de la note américaine par Standard & Poor's. Comme l’Algérie, le Japon a investi la plupart de ses réserves de change dans des bons du Trésor américain. Il est le deuxième créancier des États‑Unis, après la Chine. Mais la baisse de la valeur des bons du Trésor rend les possibilités pour l’Algérie de sortir de ses positions plus difficiles à court terme. 
Dans ce contexte, les choix du gouvernement en matière de gestion des réserves de change et des placements financiers algériens à l’étranger posent de sérieuses interrogations. Depuis la crise de 2008, les marchés sont devenus plus volatils et même les placements en bons d’État ne sont plus totalement sûrs, même s'ils restent après l'or, les plus sûrs du monde. Comment, dans ce contexte, la gestion de nos réserves de change reste-elle aussi conservatrice ? Pourquoi une partie des réserves de change n’est‑elle toujours pas investie dans des activités de production en Algérie pour créer de la valeur locale afin d’être moins soumise aux crises internationales ? Enfin, comment les avoirs en devises de l’Algérie sont‑ils gérés et quels sont les risques réels encourus dans le contexte économique international actuel ? Le gouvernement et la Banque d’Algérie vont‑ils enfin s’exprimer sur le dossier ?
 
Kamal Benkoussa est partenaire dans un fonds américain à la Bourse de Londres. Il est trader en obligations d'État.



1. Que signifie la dégradation de la dette américaine par l'agence S&P et quel sera son impact sur l'économie mondiale ?

La dégradation de la notation de l’économie américaine de AAA à AA+ est un signal d’alarme très fort lancé par Standard and Poor’s quant au problème de gestion de la dette auquel fait face l’économie américaine. En effet, c’est la première fois de leur histoire que les États‑Unis se font ainsi « downgrader » par une agence de notation. Les récents  désaccords politiques entre républicains et démocrates sur le rehaussement du plafond de la dette ont considérablement inquiété les marchés financiers.

Ainsi le downgrade de S&P  reflète un doute sur la capacité qu’a l’administration  du président Obama à mettre en place une politique de réduction de la dette des États‑Unis. La crise de la dette souveraine que nous vivons met en évidence les idées fausses du marché quant à l'efficacité des politiques gouvernementales visant à corriger les problèmes de la dette publique. Une crise de la dette souveraine est un animal très différent de celui d’une crise de la dette privé, et cette semaine, la complaisance des marchés financiers a connu un réveil brutal.

Même si certains spécialistes prévoyaient cette décote, il est certain que son annonce ébranlera, à court terme encore plus la confiance des grandes places boursières. A mon sens, il est important de rappeler que les économies mondiales n’ont jamais été autant intégrées qu’aujourd’hui. De fait, dès lors qu’une économie aussi importante que celle des États‑Unis montre des signes de faiblesse, cela impactera inévitablement les prévisions de croissance des autres économies.


2. Quel est l'impact pour l'Algérie ?

Je ne cesserai jamais de dire que l’Algérie, de par son modèle économique (rente pétrolière et gazière, pays dépendant des importations du fait d’un tissu industriel quasi inexistant) est fortement vulnérable aux crises mondiales. L’Algérie subira cette crise via deux points de dépendance :

1) Les revenus générés par la vente de ses hydrocarbures sont principalement libellés en dollars américains.
2)  Comme nous l’avons souligné ci‑dessus, l’Algérie est avant tout un grand pays importateur (denrées de premières nécessités, etc.)

Pourquoi  et comment l’économie algérienne sera‑t‑elle impactée ? Aux décrochages des grandes places boursières, il faut s’attendre à une réponse collégiale des grandes puissances économiques. En effet, tout porte à croire qu’un « quantitative easing » (QE) qui reviendrait à faire tourner la planche à billets et à injecter de la liquidité dans les économies est à prévoir pour éviter un effondrement du système. À mon humble avis, je pense que ce QE sera implémenté de manière globale avec l’implication de tous les pays membres du G8. En ce qui concerne les États‑Unis, nous en serions au troisième QE et cela reviendrait à dire qu’il faut s’attendre a une dépréciation du dollar. D’ailleurs, il n’est plus un secret que les Américains ont fait le choix d’un dollar faible afin de dévaluer leur dette. Les revenus de vente d’hydrocarbures seront nécessairement impactés par la baisse du dollar. De plus, l’injection massive de liquidités dans les économies afin relancer la croissance, aura pour principale conséquence de fortes pressions inflationnistes.

L’économie algérienne, de par son modèle (pays principalement importateur), sera donc une fois de plus impactée par, d’une part, une baisse en valeur réelle des recettes d’hydrocarbures (dollar faible) et d’autre part, une l’inflation importée qui dégradera le pouvoir d’achat des ménages algériens.

3. Comment doit réagir le gouvernement algérien face à cette situation ?

Si votre question fait référence aux 60 milliards de dollar de réserve de change placés en bons du trésor américain, je vous répondrai tout simplement que ce placement n’est a priori pas à risque. Les États‑Unis ont certes été « downgradés » par une agence de notation mais cela ne signifie en aucun cas qu’elle fera défaut de paiement. Un placement en bons du trésor américain reste un placement sécurisé. De plus, avec l’effondrement des marchés actions auquel nous assistons, le marché obligataire devient forcément un placement refuge (plus sécurisé). Ceci étant dit, je trouve effarant de constater à quel point nos dirigeants sont totalement décalés et déconnectés des réalités économiques qui bouleversent les grandes places boursières.

Je conçois parfaitement que la gestion risque averse de nos dirigeants trouve son explication dans la mémoire d’une Algérie en cessation de paiement au début des années 90. Cependant, la gestion statique faite des réserves de change du pays torpillera inéluctablement l’économie algérienne pour les 10 prochaines années si rien ne change.

L’Algérie a mieux à faire d’investir ses réserves dans le développement de son économie en s’industrialisant et en investissant sur la formation de sa jeunesse aux métiers de demain. J’ai sur mon écran un graphique qui présente une analyse indiquant la tendance du rendement des bons du trésor américain. Nous allons sur des rendements à 1 % !

La question qui se pose aujourd’hui est la suivante : l’Algérie doit‑elle se satisfaire de placements à rendements réels négatifs sous prétexte que ses dirigeants redoutent qu’un jour elle se retrouve de nouveau en cessation de paiement ?

Avec une courbe démographique idéale pour son développement, l’Algérie se doit de mettre en place une véritable stratégie économique qui donnerait le cap d’une nouvelle Nation pour les 10 prochaines années. Au lieu de cela nos dirigeants ont fait le choix d’une gestion plus statique et risque averse de l’Algérie au risque de sacrifier l’avenir de tout un peuple et plus particulièrement sa jeunesse.

Si on ne repense pas le mode de gestion de notre pays, l’Algérie subira de nouveau de façon plus virulente les crises mondiales. N’ayons pas peur des mots, c’est de l’avenir de toute une génération d’Algériens qui est aujourd’hui en jeu. Quel espoir nos dirigeants pensent‑ils donner à la jeunesse algérienne s’ils s’obstinent à cultiver la gestion de l’échec ? Comment le peuple algérien pourrait‑il avoir confiance en l’avenir alors que nos dirigeants sont  totalement déconnectés des réalités économiques internationales qui bouleversent fondamentalement la carte du monde. En guise de conclusion, j’ajouterai que le problème de l’Algérie est sa gestion. Tout est question de volonté politique et malheureusement ceux qui gouvernent notre pays en sont totalement dépourvus.