YAHOO NEWS

Météo

samedi 6 août 2011

Algérie: L’agence S&P dégrade la note souveraine des Etats-Unis



Quelles conséquences pour l’économie algérienne et les avoirs placés à l’étranger ?
L'agence de notation Standard & Poor's (S&P) a annoncé, dans la soirée de vendredi 5 août, avoir dégradé la note souveraine des États‑Unis à AA+. Les Américains sont privés de leur note AAA (la meilleure) pour la première fois de leur histoire. S&P a justifié sa décision par le déficit public croissant et le poids de la dette américaine. « L'abaissement (de la note) traduit notre opinion que le plan de consolidation budgétaire, que le Congrès et l'administration (Obama) ont récemment approuvé, ne répond pas à ce qui, de notre point de vue, serait nécessaire pour stabiliser la dynamique à moyen terme de la dette », indique l'agence dans un communiqué.

Pour l’Algérie, qui a investi massivement en bons du Trésor américain – en 2007, l’Algérie était le huitième investisseur étranger aux États‑Unis, selon des chiffres publiés à l’époque par Peterson Institute for International Economis –  et détient la quasi‑totalité de ses réserves de change en dollars, il s’agit d’une mauvaise nouvelle. La première conséquence de la décision de S&P devrait se faire ressentir sur le dollar dès la semaine prochaine.
La monnaie américaine, qui a déjà perdu ces derniers mois beaucoup de terrain face aux principales devises européennes (euro, franc suisse, livre sterling) et asiatiques, devrait pâtir de la décision de S&P. Pour l’Algérie, qui vend en dollars et achète essentiellement en euros, cela signifie une dégradation de son pouvoir d’achat, déjà malmené depuis quelques années. Les importations vont coûter plus cher. Leur facture, déjà très élevée, pourrait exploser dans les prochains mois. L’État sera également dans l’obligation d’augmenter l’enveloppe réservée aux subventions des produits de première nécessité surtout dans un contexte social tendu. Et la perspective d’un ralentissement économique mondial qui se dessine à l’horizon n’est pas faite pour arranger les affaires de l’Algérie. Ce ralentissement pourrait en effet avoir des conséquences à la baisse sur les prix du baril de pétrole, principale source de revenus en devises du pays.
La dévaluation de la valeur du dinar pourrait se produire de nouveau. Le dinar est une monnaie presque arrimée au dollar, vu que les revenus en devises du pays sont issus à 97 % des hydrocarbures. Aujourd’hui, l’écart entre la valeur de la monnaie nationale par rapport à l’euro entre le marché parallèle et le cours officiel de la Banque d’Algérie est supérieur à 40 %.  
L’autre conséquence concerne les avoirs algériens placés en bons du Trésor américain. La décision  de l’agence S&P aura en effet pour première conséquence d’augmenter le coût des emprunts américains devenus de qualité inférieure. Autrement dit, la valeur des bons du Trésor va baisser mais leur rendement va augmenter. Pour l’instant, cette évolution n’est pas catastrophique pour l’Algérie, dans la mesure où elle n'a pas l'intention de vendre ses bons, ce qu'elle n'a pas intérêt à faire bien sûr dans ce contexte. D’ailleurs, le Japon a par exemple affirmé samedi que sa confiance dans les bons du Trésor américain et sa stratégie d'achats de ces bons restent inchangées en dépit de l'abaissement de la note américaine par Standard & Poor's. Comme l’Algérie, le Japon a investi la plupart de ses réserves de change dans des bons du Trésor américain. Il est le deuxième créancier des États‑Unis, après la Chine. Mais la baisse de la valeur des bons du Trésor rend les possibilités pour l’Algérie de sortir de ses positions plus difficiles à court terme. 
Dans ce contexte, les choix du gouvernement en matière de gestion des réserves de change et des placements financiers algériens à l’étranger posent de sérieuses interrogations. Depuis la crise de 2008, les marchés sont devenus plus volatils et même les placements en bons d’État ne sont plus totalement sûrs, même s'ils restent après l'or, les plus sûrs du monde. Comment, dans ce contexte, la gestion de nos réserves de change reste-elle aussi conservatrice ? Pourquoi une partie des réserves de change n’est‑elle toujours pas investie dans des activités de production en Algérie pour créer de la valeur locale afin d’être moins soumise aux crises internationales ? Enfin, comment les avoirs en devises de l’Algérie sont‑ils gérés et quels sont les risques réels encourus dans le contexte économique international actuel ? Le gouvernement et la Banque d’Algérie vont‑ils enfin s’exprimer sur le dossier ?
 
Kamal Benkoussa est partenaire dans un fonds américain à la Bourse de Londres. Il est trader en obligations d'État.



1. Que signifie la dégradation de la dette américaine par l'agence S&P et quel sera son impact sur l'économie mondiale ?

La dégradation de la notation de l’économie américaine de AAA à AA+ est un signal d’alarme très fort lancé par Standard and Poor’s quant au problème de gestion de la dette auquel fait face l’économie américaine. En effet, c’est la première fois de leur histoire que les États‑Unis se font ainsi « downgrader » par une agence de notation. Les récents  désaccords politiques entre républicains et démocrates sur le rehaussement du plafond de la dette ont considérablement inquiété les marchés financiers.

Ainsi le downgrade de S&P  reflète un doute sur la capacité qu’a l’administration  du président Obama à mettre en place une politique de réduction de la dette des États‑Unis. La crise de la dette souveraine que nous vivons met en évidence les idées fausses du marché quant à l'efficacité des politiques gouvernementales visant à corriger les problèmes de la dette publique. Une crise de la dette souveraine est un animal très différent de celui d’une crise de la dette privé, et cette semaine, la complaisance des marchés financiers a connu un réveil brutal.

Même si certains spécialistes prévoyaient cette décote, il est certain que son annonce ébranlera, à court terme encore plus la confiance des grandes places boursières. A mon sens, il est important de rappeler que les économies mondiales n’ont jamais été autant intégrées qu’aujourd’hui. De fait, dès lors qu’une économie aussi importante que celle des États‑Unis montre des signes de faiblesse, cela impactera inévitablement les prévisions de croissance des autres économies.


2. Quel est l'impact pour l'Algérie ?

Je ne cesserai jamais de dire que l’Algérie, de par son modèle économique (rente pétrolière et gazière, pays dépendant des importations du fait d’un tissu industriel quasi inexistant) est fortement vulnérable aux crises mondiales. L’Algérie subira cette crise via deux points de dépendance :

1) Les revenus générés par la vente de ses hydrocarbures sont principalement libellés en dollars américains.
2)  Comme nous l’avons souligné ci‑dessus, l’Algérie est avant tout un grand pays importateur (denrées de premières nécessités, etc.)

Pourquoi  et comment l’économie algérienne sera‑t‑elle impactée ? Aux décrochages des grandes places boursières, il faut s’attendre à une réponse collégiale des grandes puissances économiques. En effet, tout porte à croire qu’un « quantitative easing » (QE) qui reviendrait à faire tourner la planche à billets et à injecter de la liquidité dans les économies est à prévoir pour éviter un effondrement du système. À mon humble avis, je pense que ce QE sera implémenté de manière globale avec l’implication de tous les pays membres du G8. En ce qui concerne les États‑Unis, nous en serions au troisième QE et cela reviendrait à dire qu’il faut s’attendre a une dépréciation du dollar. D’ailleurs, il n’est plus un secret que les Américains ont fait le choix d’un dollar faible afin de dévaluer leur dette. Les revenus de vente d’hydrocarbures seront nécessairement impactés par la baisse du dollar. De plus, l’injection massive de liquidités dans les économies afin relancer la croissance, aura pour principale conséquence de fortes pressions inflationnistes.

L’économie algérienne, de par son modèle (pays principalement importateur), sera donc une fois de plus impactée par, d’une part, une baisse en valeur réelle des recettes d’hydrocarbures (dollar faible) et d’autre part, une l’inflation importée qui dégradera le pouvoir d’achat des ménages algériens.

3. Comment doit réagir le gouvernement algérien face à cette situation ?

Si votre question fait référence aux 60 milliards de dollar de réserve de change placés en bons du trésor américain, je vous répondrai tout simplement que ce placement n’est a priori pas à risque. Les États‑Unis ont certes été « downgradés » par une agence de notation mais cela ne signifie en aucun cas qu’elle fera défaut de paiement. Un placement en bons du trésor américain reste un placement sécurisé. De plus, avec l’effondrement des marchés actions auquel nous assistons, le marché obligataire devient forcément un placement refuge (plus sécurisé). Ceci étant dit, je trouve effarant de constater à quel point nos dirigeants sont totalement décalés et déconnectés des réalités économiques qui bouleversent les grandes places boursières.

Je conçois parfaitement que la gestion risque averse de nos dirigeants trouve son explication dans la mémoire d’une Algérie en cessation de paiement au début des années 90. Cependant, la gestion statique faite des réserves de change du pays torpillera inéluctablement l’économie algérienne pour les 10 prochaines années si rien ne change.

L’Algérie a mieux à faire d’investir ses réserves dans le développement de son économie en s’industrialisant et en investissant sur la formation de sa jeunesse aux métiers de demain. J’ai sur mon écran un graphique qui présente une analyse indiquant la tendance du rendement des bons du trésor américain. Nous allons sur des rendements à 1 % !

La question qui se pose aujourd’hui est la suivante : l’Algérie doit‑elle se satisfaire de placements à rendements réels négatifs sous prétexte que ses dirigeants redoutent qu’un jour elle se retrouve de nouveau en cessation de paiement ?

Avec une courbe démographique idéale pour son développement, l’Algérie se doit de mettre en place une véritable stratégie économique qui donnerait le cap d’une nouvelle Nation pour les 10 prochaines années. Au lieu de cela nos dirigeants ont fait le choix d’une gestion plus statique et risque averse de l’Algérie au risque de sacrifier l’avenir de tout un peuple et plus particulièrement sa jeunesse.

Si on ne repense pas le mode de gestion de notre pays, l’Algérie subira de nouveau de façon plus virulente les crises mondiales. N’ayons pas peur des mots, c’est de l’avenir de toute une génération d’Algériens qui est aujourd’hui en jeu. Quel espoir nos dirigeants pensent‑ils donner à la jeunesse algérienne s’ils s’obstinent à cultiver la gestion de l’échec ? Comment le peuple algérien pourrait‑il avoir confiance en l’avenir alors que nos dirigeants sont  totalement déconnectés des réalités économiques internationales qui bouleversent fondamentalement la carte du monde. En guise de conclusion, j’ajouterai que le problème de l’Algérie est sa gestion. Tout est question de volonté politique et malheureusement ceux qui gouvernent notre pays en sont totalement dépourvus.


jeudi 4 août 2011


Quelles sont les réserves d’or en Algérie et comment sont-elles gérées ?*


La monnaie rapport social traduisant le rapport confiance Etat/citoyens est un signe permettant les échanges ne créant pas de richesses. Au contraire la thésaurisation et la spéculation dans les valeurs refuges comme l’or, certaines devises ou certaines matières premières sont nocifs à toute économie. Selon les statistiques du FMI de 2009, l’Algérie disposait, courant 2009 de 173,6 tonnes d’or avec une valeur en termes de lingots de 6,07 milliards de dollars soit 4,3% des réserves de change de l’époque et au cours d’aout 2011 un montant de 9,11milliards de dollars soit un gain net de plus de 3 milliards de dollars entre mars 2009 et aout 2011.
Depuis le montant a vraisemblablement augmenté mais le ratio global stable ou en très légère augmentation puisque les réserves de change sont estimées à 160 milliards de dollars en juillet 2011officielleemnt et plus de 173 milliards de dollars selon les statistiques internationales, posant d’ailleurs le problème de la transparence de la gestion des réserves de change.
1- Quelle est la place de l’or dans l’économie mondiale
Les réserves internationales d’un pays sont, généralement, l’ensemble des disponibilités composant le portefeuille des actifs que sa Banque centrale détient (devises, or, droits de tirages spéciaux (DTS) .L’or coté en once (troy ounce) (1 once = 31,1034768 g) est échangé sur le marché des métaux précieux, principalement sur les places de New York, Londres, Zurich et Hong Kong. L’or étant indéfiniment réutilisable et pratiquement indestructible, la quasi-totalité des tonnes d’or extraites depuis les débuts de l’humanité est toujours existante. La dernière effectuée en 2009 l’estime à environ 161 000 tonnes.
Au total les mines produisent environ 60 % de l’offre mondiale, les 40% restants proviennent du recyclage et des reventes de stocks (banques centrales). Je précise que jusqu’au années 80, l’Afrique du Sud procurait plus de la moitié de l’or mondial, mais depuis 2007, la Chine est devenue nation productrice. En effet, sur un total, 2 356 tonnes de production minière mondiale (dernier recensement datant de 2008) et départagée en 6 principaux pays (classés par ordre de production) : Chine 12 ;2%, USA 9,9%, Afrique du Sud 9,8%, Australie 9,6%, Pérou 7,4% et la Russie 7%.
Le cours de l’once d’or a évolué ainsi : en moyenne annuelle 2001 de 300 dollars, 2004 de 400 dollars, 2005 de 600 dollars, 2008/2009 moyenne fluctuant entre 800/1000 dollars. En juillet et aout 2011, avec la crise grecque dans la zone euro et la crise de l’endettement américain, il a franchi plus de 1.600. L’once d’or est coté exactement le 02 aout 2011 à 1625 dollars. A la Bourse de Paris, le lingot d’or (1 kg) était coté autour de 10 000 euros en 2004, il a avoisiné les 25 000 euros en 2009(35.000 dollars) et sa valeur le 02 aout 2011 est de 36.901 euros soit 56.660 dollars.
L’or a servi d’étalon monétaire exclusif l’étalon or avec les accords de Bretton Woods instaurant le système monétaire international en 1945 (Gold Exchange Standard) avec le dollar comme monnaie internationale défini en un certain poids d’or et les autres monnaies en dollars. En 1971, avec le Président Nixon, les États-Unis suspendirent la convertibilité du dollar vis à vis de l’ or et en 1976 les accords de la Jamaïque démonétarisent l’or qui dès lors n’a plus de rôle monétaire officiel expliquant ‘ailleurs l’expansion du déficit budgétaire américain , les USA faisant jouer la planche à billets. Selon le World Gold Council, de mai 2011, le premier détenteur d’or sont les USA avec 8133,5 tonnes, le deuxième l’Allemagne avec 3407,6 tonnes, le 3me le FMI avec 3005,3 tonnes, le 4me l’Italie avec 2451,8 tonnes, le 5me : la France avec 2435,4 tonnes, le 6me la Chine avec 1054 tonnes, le 7me la Suisse avec 1040,1 tonnes, le 8me le Japon avec 765,2 tonnes, le 9me les Pays-Bas avec 612,5 tonnes, le 10me la Russie avec 607,7 tonnes, le 11me : l’Inde avec 557,7 tonnes et le 12me : la BCE avec 501,4 tonnes . Ce classement permet de constater que les pays avec les plus grandes réserves d’or ne sont pas forcément ceux qui ont un fonds d’état important. La preuve avec l’Arabie Saoudite qui se situe à la seizième place du classement des pays par réserves d’or tandis que son fonds souverain est le deuxième le plus important au monde. Selon toujours cette revue, le fonds d’état des Etats-Unis, l’Alaska Permanent Reserve Fund, n’arrive seulement qu’à la 18ème place du Classement des Fonds Souverains, alors que ce pays a le plus gros stock d’or au monde. Tout comme le fonds singapourien qui est l’un des plus important, mais dont le stock d’or est peu conséquent.
2- Quelles sont les réserves d’or en Algérie ?
L’or de l’Algérie, acheté essentiellement sous le règne du défunt Kaïd Ahmed, alors ministre des Finances (c’était un grand patriote et ministre des finances et je tiens à lui rendre hommage) n’avait pas été mis en danger et avait montré son utilité opérationnelle en temps de crise et si l’on avait acheté de l’or en 2008/2009 les réserves de change de l’Algérie en termes de parité de pouvoir d’achat seraient en aout 2011 de plus de 320 milliards de dollars US. Et le montant aurait plus élevé si l ‘on avait acheté des actions dévalorisées fin 2008 dont le cours pour certains a remonté à plus de 300% courant 2011.
Selon les statistiques du FMI , repris à l’époque par une dépêche officielle de l’APS l’Algérie disposait ,courant 2009 de 173,6 tonnes d’or avec une valeur de 6,07 milliards de dollars soit 4,3% des réserves de change de l’époque et au cours de aout 2011 un montant de 9,11milliards de dollars soit un gain net de plus de 3 milliards de dollars.
Depuis le montant a vraisemblablement augmenté mais le ratio global est resté stable ou a très légère augmentation puisque les réserves de change sont estimées officiellement à 160 milliards de dollars en juillet 2011, et plus de 173 milliards de dollars selon les statistiques internationales posant d’ailleurs le problème de la transparence de la gestion des réserves de change.
L’Algérie arrive à la 22ème place mondiale, est ainsi le premier pays en Afrique en termes de volume de réserves en or, devant la Libye (24 ème et l’Afrique du Sud (27ème). L’Algérie se classe à la 3ème place dans le monde arabe derrière l’Arabie Saoudite (16ème avec 322,9 tonnes) et le Liban (18 ème avec 281,6 tonnes). Gold Mining Algeria (GMA), filiale du groupe australien GMA Ressources chargée de l’exploitation de la mine d’or d’Amesmessa, située à 400 km au sud-ouest de la wilaya de Tamanrasset, en partenariat avec Sonatrach qui détient une part majoritaire de 52% dans le capital de la Spa Enor à travers sa filiale Gold Mining Algeria qui a dû recourir à une ouverture de son capital afin de pouvoir financer son plan d’investissement en Algérie en cédant une part de 9% à la firme égyptienne Asec Mining pour un montant de 1,9 million de livres sterling, fait état pour l’exercice 2009( repris par l’agence officielle APS) , d’un taux de production aurifère à partir de la mine d’Amesmessa de 32 601 onces d’or pour une valeur au cours de 2009 ( 900 dollars) d’environ 52 millions de dollars au cours de aout 2011, somme dérisoire par rapport aux exportations d’hydrocarbures.
La production aurait été plus importante puisque selon les données officielles de l’entreprise ENAOR a exporté 848 kg d’or (valeur de 48.200.000 de dollars au cours d’aout 2011) alors que le marché local a consommé 208,78 kg de ce métal précieux soit une différence de 7 millions de dollars par rapport au communiqué de GMA.
Récemment, le 18 juillet 2011, pour la firme canadienne Cancor, les résultats des travaux d’exploration menés attestent que les réserves en or de cette partie de l’extrême Sud sont «beaucoup plus importantes» qu’on ne l’imaginait. Je cite Cancor « Les résultats obtenus jusqu’à présent sont très encourageants avec d’excellentes teneurs aurifères dans de nombreux échantillons. De plus, plusieurs grains d’or visible ont été observés entre les zones filoniennes, sur de petits affleurements. La présence d’or visible dans ces secteurs suggère que les minéralisations aurifères pourraient être beaucoup plus importantes que détectées jusqu’à présent». Mais le problème est à quel cout ?

3- Avoir des réserves d’or et de devises importantes n’est pas un facteur de développement
La monnaie rapport social traduisant le rapport confiance Etat/citoyens, est un signe permettant les échanges ne créant pas de richesses. Autrefois les tribus d’Australie utilisaient les barres de sel du fait de sa rareté comme moyen d’échange. Au contraire la thésaurisation et la spéculation dans les valeurs refuges comme l’or, certaines devises ou certaines matières premières est nocif à toute économie. Avoir des réserves de change en devises ou en or est une condition nécessaire, sécuriser l’investissement et surtout éviter un dérapage plus important de la valeur du dinar par rapport aux devises où existe une corrélation d’environ 70% entre la valeur actuelle du dinar et ce stock de devises via la rente des hydrocarbures, sinon le dinar flotterait à plus de 300 dinars un euro. Mais ce n’est pas une condition suffisante d’un développement durable et surtout provenant d’une rente, solution de facilité de la dépense monétaire sans impacts pouvant conduire au syndrome hollandais avec une corruption généralisée.
Si la Chine a des réserves de change estimée à mars 2011 par les organismes internationaux à 3045 milliards de dollars dont 30% en bons de trésor américains ce qui permet d’éviter une chute brutale tant des bons de trésor que de la valeur du dollar en contrepartie d’exportation chinoise vers les USA , suivi du Japon 1140, de la Russie 525, de l’Arabie Saoudite 466, Taiwan 400, le Brésil 333, l’Inde 310, la Corée du Sud 307, la Suisse, 280, dont d’ailleurs une grande fraction, contrairement à l’Algérie sont placés en fonds souverains et une autre seulement en bons de trésor américain, des grandes puissances économiques comme l’Allemagne première exportatrice mondiale, a 221, la France 173, l’Italie 164, les Etats Unis d’Amérique première puissance économique mondiale trois fois le PIB chinois n’ont que 143 et le Royaume Unis 143 milliards de dollars. La leçon pour l’Algérie il est étonnant que la majorité des observateurs algériens s’appesantissent sur les réserves algériennes placées en bons de trésor américains d’environ 50 milliards de dollars et oublie que 75 milliards de dollars sont placées dans des banques centrales européennes ou dans des banques dites cotées AAA alors qu’il y a eu récemment avec la crise grecque dépréciation des obligations de bon nombre de pays européens et que certaines banques dites AAA qui ont été décotées ce qui entraine forcément des rendements faibles, voire négatifs pur ceux garantis par les Etats, ou pertes d’une fraction du principal si les banques ont fait faillite(2).
Aussi, face à cette situation de turbulences de l’économie mondiale qui touche tous les pays, le gouvernements algérien faute de prospective, assistant en spectateurs, dont l’essence de la crise est structurelle, quelle est la structuration des réserves de change entre les principales monnaies internationales : part en dollars, euros, livres sterling et yen ? Les données de 45% en dollars, 45% en euros, 5% en livres sterling et 5% en yen sont-elles justes et quelle est la part de l’or ? Que rapportent ces placements sachant que pour 2011 le taux directeur de la FED (entre 0 et 0,25% depuis 2010) et celui de la BCE (1,25% depuis avril 2011) ceux du Japon (0,5%) et de la banque d’Angleterre (0,5%). Avec le taux d’inflation même faible, entre 1 et 2% cela donne un rendement zéro, voire négatif. Cela doit être également soit pondéré à la baisse par la dépréciation d’une monnaie (ce qui est le cas pour le dollar plus de 40% depuis le 01 janvier 2000) ou à la hausse en cas d’appréciation (cas de l’euro), les exportations d’hydrocarbures se faisant en dollars et les importations algériennes pour 60% en euros. En bref le problème central pour toute économie est la synchronisation de la sphère réelle et financière , la dynamique économique et la dynamique sociale et pour l’Algérie utiliser d’une manière optimale ces réserves de change produit des hydrocarbures et non d’une bonne gouvernance, et du travail face à l’implacable mondialisation, afin de réaliser la transition d’une économie de rente à une économie hors hydrocarbures dans le cadre des valeurs internationales.
Professeur Abderrahmane MEBTOUL, Expert international

Algerie:Le politique et le militaire


La fin de partie des généraux en Turquie provoque un silence gêné en Algérie !


Le politique et le militaire, voilà une équation qui peut déterminer le bonheur et le développement d’un pays. Mais si cette équation évolue avec le temps dans plusieurs pays dans le monde, en Algérie elle demeure figée par des rapports de force inchangés depuis presque l’Indépendance.
En Algérie, l’influence persistante, et ce n’est là qu’un euphémisme, de l’armée sur la  chose politique ne choque plus personne ! Grâce à une compagne menée tambour battant par une presse aux ordres et de connivence avec les cercles militaires, de nombreux Algériens ont finir par accepter l’idée de légitimer cette soumission de la politique aux militaires en échange d’une certaine paix… Ce conditionnement mental soigneusement mis en œuvre  par les titres phares de la presse Algérienne a encore pris une importance accrue depuis le printemps arabe.
En effet, dès la chute des régimes tunisiens et égyptiens, le terrorisme « résiduel» refait surface en Algérie et les opérations de ratissages reprennent de plus belle avec  leur lot de bavures militaires jamais élucidées. Soudainement, au moment où des jeunes Algériens tentent de se structurer pour demander plus de liberté et de dignité, on nous ressort la chanson du terrorisme qui menace encore l’Algérie ! Un terrorisme mystérieux qui a amené ainsi les autorités politiques à publier un nouveau décret- publié dans le Journal officiel du 5 juin dernier- qui redonne de larges prérogatives aux troupes militaires et place carrément sous la tutelle de l’armée tous les autres corps des services de sécurité !
Quelle audace ! En plein printemps arabe, l’Algérie se remilitarise pour faire face à des soi-disant «mouvements de subversion» ! Le clin d’œil est clair et à la place de la révolution, l’Algérie s’offre sa contre-révolution… Bien sûr, le temps passe et ce décret ne suscite aucun remous au sein de l’opinion publique qui n’a eu droit qu’à des articles élogieux de la part de la presse dite indépendante et libre sur ce sombre ajustement politique !
Fort heureusement, le cas turc s’invite dans l’actualité. A l’opposé de l’Algérie,  en Turquie, l’armée a perdu sa main mise sur la vie politique turque.  Intouchable pendant plusieurs décennies, elle s’amusait à déjouer les gouvernements par la force des coups d’Etat. Mais depuis 2002, un processus démocratique s’est enclenché et en 2011, les généraux perdent leur bras de fer avec le gouvernement d’Erdogan.
Fin de partie donc pour les militaires en Turquie. Ce grand évènement a été rarement commenté ces jours-ci en Algérie par la presse et les observateurs avisés. Apparemment, il était trop dur et peu convenable d’expliquer aux gens que la démocratie, c’est beau sans l’armée aux commandes. Il est certainement aussi difficile pour nos plumitifs de reconnaître que la Turquie est ce miroir sombre qui renvoie à l’Algérie sa véritable image. Et pour cause, le cas turc a prouvé enfin que sans une armée dans les casernes, point de développement, de libertés publiques et d’épanouissement. Mais en Algérie, on continue de défendre un autre modèle. Celui d’un Fast-Food géant surveillé et quadrillé par des barrages militaires dans chaque coin de rue… On comprend donc pourquoi le feuilleton turc de la démocratie provoque un silence gêné en Algérie….

Egypte:Le despote du Nil face aux juges(VIDÉOS)

  Hosni Moubarak dans une grande cage 

L'ancien président égyptien Hosni Moubarak, renversé le 11 février 2011 par la rue après 29 ans de pouvoir sans partage, est arrivé tôt mercredi au Caire où son procès doit s'ouvrir dans la matinée. Hosni Moubarak est le premier chef d'Etat arabe à comparaître en justice depuis le début de la vague de contestation qui a secoué le monde arabe. Ses deux fils sont également présents dans le box. DNA vous propose de suivre en direct le déroulement de ce procès.

10 h 15 : Des heurts éclatent entre supporteurs et opposants à l'ancien président à l'extérieur du tribunal. Des policiers anti-émeutes tentent de ramener le calme. Des journalistes présents sur les lieux indiquent qu'opposants et supporteurs s'affrontent à coups de pierre.
10 h 13 : Hosni Moubarak quitte la salle d'audience sur une civière. Le procès est interrompu momentanément.
10h 05 : Le procès de l'ancien président, diffusé en direct par les télévisions égyptiennes ainsi que par la chaîne Al Jazeera, est suivi par des millions d'Egyptiens.
10 h 00 : Les avocats de la défense demandent le report du procès. Ala, le fils aîné de Hosni Moubarak, habillé en blanc, tient un exemplaire du Coran dans la main.
09h 45 : Des centaines de personnes massées devant le tribunal suivent en direct sur un écran géant le déroulement du procès de Hosni Moubarak et ses deux fils. Plus de 1000 policiers assurent la sécurité autour du bâtiment.
Salle d'audience du tribunal du Caire. La cage en fer à l'intérieur de laquelle sont placés les accusés.
09 h 28 : Habib Al Adli, ancien ministre de l'Intérieur, redouté du temps où Moubarak régnait sans partage, ainsi que six hauts responsables de la police, sont présents dans le box des accusés.
09 h 20 : Hosni Moubarak et ses deux fils, Gamal et Ala, sont arrivés à la salle d’audience. Ils ont été placés derrière une cage en fer. A l’appel du juge, l’ancien président allongé sur une civière a répondu « Présent, votre honneur.. ». Ses deux fils habillés en blanc se tiennent debout à coté de lui.
L'ancien « raïs », âgé de 83 ans, est notamment poursuivi pour homicides avec préméditation dans le cadre de la répression du mouvement de contestation de janvier-février qui a provoqué sa démission et a fait 840 morts selon un bilan officiel. S'il est reconnu coupable, Hosni Moubarak est passible de la peine de mort.
L'ex-président a quitté l'hôpital de Charm el Cheikh, où il est hospitalisé depuis avril, à bord d'un convoi motorisé avant de prendre l'avion en direction de la capitale égyptienne, selon Reuters citant un témoin et un média officiel.
Procès très attendu
Selon la télévision d'Etat, l'avion de l'ancien président s'est posé sur le tarmac d'une base militaire du Caire et Moubarak a été ensuite été transféré jusqu'au tribunal en hélicoptère. Très attendu, le procès se tiendra dans l'enceinte de l'école de police dans la banlieue du Caire et sera retransmis sur un écran installé à l'extérieur du bâtiment.
Des rumeurs sur l'état de santé de Moubarak ont fait planer le doute ces dernières semaines sur la présence de l'ancien chef d'Etat à l'ouverture de son procès. Selon certaines sources, son avocat pourrait toutefois faire valoir auprès du tribunal que Moubarak est trop faible pour assister aux audiences.
Sécurité renforcée
Une grande cage dotée de barreaux a été installée dans la salle d'audience pour accueillir Moubarak mais également l'ancien ministre de l'Intérieur, Habib al Adli, également appelé à comparaître mercredi pour les mêmes charges, et les deux fils d'Hosni Moubarak, Alaa et Gamal, également jugés pour corruption.
Selon la chaîne de télévision Al Djazira, Adli et les deux fils de Moubarak sont arrivés au tribunal.
Sur la place Tahrir, emblème de la « révolution du Nil », la sécurité a été renforcée. Des policiers anti-émeutes et des soldats ont été déployés et des dizaines de camions de police sont garés à proximité.
Tôt mercredi, la police a patrouillé dans les rues près de l'hôpital de Charm el Cheikh, bloquant son accès à un groupe de manifestants rassemblés à proximité en scandant « le peuple veut l'exécution de l'assassin. »
Un petit groupe de partisans de Moubarak se sont rassemblés mercredi près de l'école de police en scandant : « Moubarak, garde la tête haute » et « nous démolirons et incendierons la prison si Hosni Moubarak est condamné. »
Le procès pourrait permettre d'apaiser la colère des Egyptiens, qui ont occupé trois semaines durant en juillet la place Tahrir.
Un procès pour apaiser la colère
Les manifestants demandent au Conseil suprême des forces armées (CSFA), au pouvoir depuis la chute de Moubarak, d'accélérer les réformes politiques et économiques ainsi que les procédures judiciaires à l'encontre des responsables de l'ancien régime.
Hosni Moubarak est le premier chef d'Etat arabe à comparaître en justice depuis le début de la vague de contestation qui a secoué le monde arabe.
Début juillet, l'ancien président tunisien Zine ben Ali avait été condamné par contumace à 15 ans de prison pour possession de drogue et d'armes. Il vit actuellement en exil en Arabie saoudite depuis son renversement par la rue le 14 janvier.




mardi 2 août 2011

Algerie: Sept mois après le printemps arabe



La perspective d’un changement démocratique s’éloigne en Algérie


Cela fait sept mois qu’un vent de révolte secoue le Moyen‑Orient et le Maghreb. Sept mois depuis le début de la révolution tunisienne qui a abouti à la chute de Ben Ali et à une réaction en chaîne dans tous les autres pays de la région dirigés par des régimes autoritaires.  Aujourd’hui, un nouveau paysage politique s’esquisse même si on n’en voit encore que les prémices.  
En Tunisie, premier pays touché par la vague de protestation populaire, le dictateur est tombé. L’élection d’une assemblée constituante est prévue le 23 octobre prochain. Certes, des tensions persistent dans le pays, et beaucoup craignent la montée en puissance des partis islamistes, mais le changement est là.
La situation est quasi similaire en Égypte. Hosni Moubarak a dû démissionner le 11 février après plusieurs semaines de manifestations monstres place Tahrir au Caire et dans d’autres villes du pays. L’armée assure la transition, à travers le conseil suprême des forces armées, contesté par une partie de la population qui considèrent que les réformes politiques avancent trop lentement. Mais là encore, les changements sont réels. Les anciens du régime, à leur tête le président Moubarak et ses enfants, ont été arrêtés et seront bientôt jugés lors de procès publics.
En Libye et en Syrie, la situation est plus compliquée. Mais dans ces deux pays, les régimes sont malmenés par les révoltes populaires. A Tripoli, Kadhafi et  les troupes qui lui sont fidèles, continuent de résister aux assauts de la rébellion menée par le Conseil national de transition (CNT) avec l’appui d’une coalition internationale. Même si le CNT vient de perdre son chef militaire, avec la mort d’Abdelfatah Younes, les combats se poursuivent.
Et en Syrie, le président Bachar el Assad fait face depuis le 15 mars à un mouvement de contestation, qu’il réprime dans le sang. Selon des ONG, cette répression aurait déjà fait plus de 2000 morts en cinq mois. Mais dans les deux cas, la position adoptée par la communauté internationale contre les deux régimes en place, laisse peu de doutes quant à la chute inexorable des deux tyrans. Le Yémen et Bahreïn connaissent également des mouvements de protestation qui ont tourné à l’affrontement entre les forces gouvernementales et les manifestants.
Au Maroc, la protestation a pris une forme beaucoup moins violente. Les manifestations qui ont eu lieu dans le pays ont poussé Mohammed VI à lancer des réformes. Dans son discours du trône prononcé le 30 juillet, il a annoncé que des élections législatives auront lieu très rapidement pour qu’un premier ministre issu du parti vainqueur soit désigné. La Constitution a également été révisée vers plus de démocratie et adoptée par référendum le 1er juillet dernier, même si une partie de l’opposition s’estime déçue par son contenu.
Reste l’Algérie.  Comme ses voisins, le pays a connu au début de l’année une vague de protestations qui s’est déclinée en une multitude de petits mouvements dispersés, essentiellement portés par les syndicats autonomes et affichant des revendications salariales, mais aussi politiques. Mais ces dernières semaines, la tension est un peu retombée. Sur le plan politique, le pouvoir prend son temps pour amorcer les réformes qu’il a promises le 15 avril par la voix du président de la République. Sur certains points, on assiste même à un recul. C’est notamment le cas de l’ouverture des médias publics à l’opposition.
Sur le plan politique, la commission Bensalah a achevé ses consultations à la fin du mois de juin. Depuis, c’est le calme plat. Aucun bilan officiel n’a été communiqué sur ce mois de consultations. Des réformes importantes devraient être votées à la rentrée par l’APN, comme la loi électorale et la loi sur les partis politiques, dans l’optique des élections législatives de 2012. Mais le vent du changement radical n’a pas soufflé sur l’Algérie.
Même les visiteurs étrangers venus dans le pays ces dernières semaines, ont visiblement reçu le même message. Ainsi, le quotidien français, Le Canard enchaîné, rapporte dans son édition du 13 juillet les propos qu’aurait tenu le président français Nicolas Sarkozy lors d’un récent conseil des ministres : « Je suis très satisfait du résultat du référendum au Maroc (du 1er juillet). Plus de 72 % de taux de participation et 94 % de oui. A la lumière de cela, je suis triste pour l'Algérie ».
Selon nos sources enfin, le premier ministre Ahmed Ouyahia aurait récemment confié à un visiteur français que l'objectif principal du pouvoir algérien était d'aboutir l'année prochaine à une Assemblée « plus représentative ». Il n'a pas détaillé ce qu'il entendait par là. Mais ses interlocuteurs ont compris qu’il évoquait un rééquilibrage au sein de l'alliance présidentielle et une ouverture de l'APN à d'autres partis. En d’autres termes, on est loin d’un vrai changement et d’une volonté de réformer l’ensemble du système politique dans le sens d’une plus grande démocratie, comme l’a promis le pouvoir.

Algerie:La Martingale algérienne, réflexions sur une crise de Abderrahmane Hadj Nacer



Pouvoir, élites et société

Connu pour sa discrétion depuis qu’il a quitté ses fonctions de gouverneur de la Banque d’Algérie, Abderrahmane Hadj-Nacer est récemment sorti de son silence en composant un premier essai : La Martingale algérienne publié aux éditions Barzakh.

Connu pour sa discrétion depuis qu’il a quitté ses fonctions de gouverneur de la Banque d’Algérie en 1992, Abderrahmane Hadj Nacer est récemment sorti de son silence. En composant un premier essai, l’un des plus jeunes à avoir été nommé au poste de banquier central, veut apporter sa contribution au débat, en ces temps marqués par des velléités de contestation et d’aspiration au changement. La Martingale algérienne, publié aux éditions Barzakh, est plus qu’une réflexion sur une crise. L’ouvrage de Hadj Nacer dépasse les postulats connus de tous à propos de la généralisation de la corruption et des comportements de recherche de la rente.
C’est une autocritique, une introspection de l’absurdité du fonctionnement d’un système. C’est aussi l’émanation de la volonté d’un homme qui «bascule, à 60 ans, dans un autre âge» et veut initier un débat avec les jeunes sur le changement. Un changement qui ne devra pas passer par la négation de ce qui a été fait jusque-là, sa philosophie de base étant de «ne rien effacer et d’apprendre des erreurs du passé».

C’est dans une approche khaldounienne que l’ancien gouverneur de la Banque d’Algérie outrepasse l’analyse économique pour un autre exercice : l’exposé anthropologique. «Chaque peuple a un génie qui lui est propre. On ne peut pas avancer lorsqu’on tourne le dos au génie d’un peuple», nous a-t-il confié en marge d’une séance de vente-dédicace, à Alger. Le défi est, pour lui, d’affermir une gouvernance assise sur un Etat fort et des institutions pérennes. Instaurer la citoyenneté ainsi que le contrat social en lieu et place de l’allégeance aux clans et à la rente. Un processus qui passe par une équation à quatre variables : pas de développement durable sans conscience de soi ; pas de gouvernance sans l’existence d’une élite nationale ; pas d’économie performante sans démocratie et pas d’avenir sans notre identité. Cette conscience de soi qu’on a aliénée au nom de la modernité.
L’expérience du M’zab, d’où est originaire la famille de l’auteur, et sa stabilité historique est d’ailleurs bien présente dans le propos selon lequel la destruction des organisations et structures sociales s’est traduite par une aliénation pure et simple des populations, laquelle engendre la haine et l’obscurantisme. C’est aussi un défi aux élites à se réconcilier avec soi-même. Des élites que le pouvoir a d’abord cooptées. Le pouvoir a également entrepris, sous le couvert du socialisme, une chasse aux élites économiques, lesquelles n’ont pas de conscience de classe ni de base sociale ; elles n’ont pas non plus d’alliés à l’extérieur et «il est frappant de voir à quel point les élites algériennes manquent de relais et de soutiens à l’étranger. Elles n’ont pratiquement ni réseaux ni carnets d’adresses».

Restaurer l’Etat dans ses fonctions régaliennes

M. Hadj Nacer pense que le développement économique est intimement lié à la démocratie et à la création de contre-pouvoirs pour bénéficier d’une critique constructive. Aussi, la gestion centralisée affaiblit l’Etat. Celui-ci s’est trouvé seul investisseur légitime et on n’a plus jamais séparé la gestion de l’entreprise de la gestion du politique. «Depuis les années 1990, on a affaibli l’Etat. Et l’affaiblissement de l’Etat se manifeste par un contrôle direct de l’économie. Or un pouvoir, quelle que soit sa force, ne peut pas tout contrôler», nous a confié l’ancien banquier. Il préconise dans ce sens la restauration d’un Etat fort, assis sur le triptyque institution, autorité et discipline, dans ses fonctions régaliennes. On a bien tenté de le faire, selon lui. Or, la rente pétrolière a de tout temps réduit à néant les tentatives de réformes et a renforcé les monopoles élargissant à chaque fois la gabegie et la corruption. Cela ne justifie pas pour autant, avertit l’ancien patron de la Banque centrale, de tomber dans les ruses du système selon lesquelles les malheurs de l’Algérie sont issus de la malédiction du pétrole et de la main de l’étranger, usant même à outrance de concepts analogues au patriotisme économique alors que les efforts de développement entrepris ont surtout profité aux entreprises étrangères.

Le fait est que tout processus d’arbitrage et de prise de décision a été délocalisé à l’étranger. Pour illustrer cet état de fait, M. Hadj Nacer précise que «pendant que Carlyle décide qu’Orascom sera le détenteur de la licence de téléphonie mobile, l’arbitrage se résume au partage du reliquat de la rente».
Tous ceux qui espéraient quelques révélations fracassantes de l’ancien gouverneur de la Banque d’Algérie resteront cependant sur leur faim en abordant le chapitre consacré à la gestion de la dette extérieure et son rééchelonnement. Un laïus a toutefois été dédié à Mouloud Hamrouche, qui voulait engager le rééchelonnement de la dette extérieure en mars 1991 «pour ne pas laisser ce fardeau à son successeur». Hadj Nacer, qui voulait garder «une distance critique», se laissera dire qu’«il est très rare de trouver face à soi quelqu’un qui a un comportement d’homme d’Etat…»